30e anniversaire du décès du journaliste Mourad Bloud: l’ingratitude continue …

Par Khaled Boumediene.

Mourad Bloud est décédé le 28 février 1988 à l’âge de 37 ans. Cet homme d’exception laisse à l’agence presse Algérie (APS), l’union nationale des journalistes, El Djoumhouria, et à tous ceux qui l’ont côtoyé un héritage considérable. Mourad Bloud, cet illustre nom de la presse, qui a placé sa vie au service de ses concitoyens, a été élevé dans un climat de difficulté propice au travail acharné.

Quiconque le côtoie, reconnaît en lui un journaliste qui ne s’accorde aucun repos et exige de son entourage un dévouement sans limite pour l’information et la communication.

Sa manière d’informer est de montrer l’exemple : temps et énergie ne peuvent compter face à des citoyens en détresse ou des habitants qui manquent d’école, eau, gaz, route, centre de soins ou de maisons de jeunes.

Objectivité, discipline, rigueur sont les premiers mots qui viennent à l’esprit. Son école est celle du don de soi, de l’abnégation et d’humanité plurielle. Cultivé et ouvert, le regretté était profondément attaché aux conditions de vie des citoyens, à la justice sociale, au rayonnement culturel pour toutes les communes, et surtout au développement local des régions éloignées ou isolées.

Collaborateur de l’APS à Oran, journaliste-chef de bureau régional de «La République», puis «El-Djoumhouria» à Tlemcen, ce bachelier en philosophie, instituteur à l’école normale, et professeur de lettres françaises, mène un véritable combat contre l’analphabétisme, la toxicomanie et l’alcoolisme. D’ailleurs, ses trois textes théâtraux «La vigne», «La bouteille», «Qui en est la cause ?» ont fait le tour d’Algérie. Mourad Bloud est l’une des plus belles plumes que la presse algérienne ait connues.

Même affaibli par la maladie, cet homme d’exception et de respect ne ménage pas ses efforts pour répondre aux exigences de la presse imposées à l’époque. Cette humilité est si ancrée en lui qu’il rejette tous les honneurs et privilèges. Si la culture de Mourad Bloud, son intelligence, son travail durant plus de 20 ans dans les coulisses du théâtre et derrière le rideau de l’information, restent à jamais gravés dans les esprits et vivants dans la mémoire de tous ceux qui l’ont connu, aucune initiative en guise de reconnaissance et du mérite du défunt n’a été prise jusqu’à présent à Tlemcen.

Aujourd’hui, pour réparer cette injustice d’oubli et d’ingratitude envers le regretté, ses frères Nasreddine (ancien directeur de la Radio) et Benamar (un cadre de l’ex-Sempac), ses confrères de la presse d’Oran et de Tlemcen notamment les grands noms de la presse nationale El Hassar Bénali, Chahreddine Berriah, Zénasni Miloud, Omar El Bachir, Rahmoun Zoubir, ainsi que tous les journalistes et correspondants attendent avec impatience en ce trentième anniversaire de sa mort au moins une baptisation officielle d’un édifice éducatif ou culturel de la wilaya qui portera son nom.

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