A quand un outil pour la prévention des fractures ?

Photos: Ougouti Moulay Ahmed

La 2e journée de l’association de médecine interne universitaire de la wilaya de Tlemcen, consacrée aux pathologies auto-inflammatoires, s’est déroulée hier au palais de la culture Abdelkrim Dali à Tlemcen.

Elle a été l’occasion d’aborder ces pathologies qui ont spectaculairement bénéficié des avancées de la génétique, d’un point de vue à la fois clinique et physiopathologique. Les troubles auto-inflammatoires et osteoarticulaires chroniques représentent un énorme problème socio-économique pour notre société. Les maladies auto-inflammatoires sont définies comme des maladies provoquées par un dysfonctionnement du système immunitaire inné.

Ces maladies regroupent un large groupe de syndromes caractérisés par des attaques récurrentes de fièvre, des douleurs abdominales, de l’arthrite et des signes cutanés. La polyarthrite rhumatoïde et les arthrites juvéniles idiopathiques sont des maladies inflammatoires systémiques et chroniques, qui se manifestent dans de multiples articulations.

Selon le chef de service de médecine interne du CHU Tidjani Damerdji, Professeur Ali Lounici, cette journée a vu la participation des services de médecine interne (Pr Lounici), médecine physique (Pr Benmansour), et médecine nucléaire du CHU de Tlemcen, qui assurent toutes les explorations de l’ostéoporose et des dysthroidies (Pr Berber), ainsi que le rhumatologue libéral, Dr Madjdoub. Les mises au point ont été assurées par des médecins praticiens qui ont une expérience des pathologies de la région.

Expliquant la thématique de cette rencontre, Pr Lounici a souligné à notre journal que «la polyarthrite rhumatoïde est le rhumatisme le plus fréquent, qui doit être diagnostiqué précocement, idéalement, dans les 3 mois suivants les premières manifestations cliniques. Un traitement bien codifié comprenant le méthotrexate dans un premier temps et en cas de non réponse, la biothérapie permet d’éviter des lésions articulaires déformantes et même des lésions extra-articulaires comme le poumon et l’œil. Une reconnaissance immédiate de l’artérite temporale ou maladie de Horton, et un traitement immédiat permet d’éviter la cécité définitive».

Les dysthyroidies explosent en fréquence, et ont des manifestations cliniques très diverses dont certaines pouvant mettre en jeu le pronostic vital. Selon notre interlocuteur, les dysthyroidies doivent être reconnues par simple dosage hormonal de la TSH, et une échographie cervicale, en dépistant précocement des nodules suspects.

La mise sous colchicine après identification des patients ayant une fièvre méditerranéenne familiale, ou maladie périodique, sauvera le rein de ces patients en prévenant l’amylose rénale. Le diagnostic du Lupus Erythémateux Systémique chez une jeune femme doit faire rechercher une atteinte rénale dont la gradation anatomopathologique permet un traitement adapté et efficace.

La maladie de Behcet à expression surtout cutanée, d’apparence bénigne, peut être grave par les localisations vasculaires, oculaires et neurologiques. L’ostéoporose qui touche surtout la femme ménopausée, est une pathologie fréquente sous-diagnostiquée et sous-traitée. Ces femmes sont exposées à un risque de fracture pour un traumatisme minime. Les fractures sévères sont associées à une augmentation significative de la mortalité et de perte de l’autonomie. Il est important de reconnaître les facteurs de risque de fracture, savoir faire le diagnostic et poser les bonnes indications du traitement».

Par ailleurs, Pr Ali Lounici déplore l’absence de l’outil Frax, un outil utile pour l’évaluation du risque de fracture. «Cet outil représente une étape importante pour faire de la prévention des fractures, une priorité des services de santé. Nous souhaitons travailler avec l’université afin de rendre applicable l’outil Frax pour nos patients. L’index Frax est l’outil proposé par l’Organisation mondiale de la santé pour la quantification du risque de fracture.

Il a été publié en 2008 par John Kanij et un groupe d’épidémiologistes. Il est accessible à tous et en ligne sur Internet. Les 12 modèles Frax ont été développés à partir de 12 cohortes internationales, permettant l’analyse des facteurs de risque et de leur valeur prédictive chez 60 000 sujets environ, en Europe, Amérique du Nord, Asie et en Australie.

Les algorithmes du Frax donnent une probabilité de fracture sur 10 ans de la hanche ou d’une fracture majeure ostéoporotique, c’est-à-dire les fractures cliniques de la colonne vertébrale, avant-bras, hanche ou épaule», a-t-il ajouté.

Khaled Boumediène (Le Quotidien d’Oran).

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