Les barrages d’El Mefrouch et Béni Bahdel au régime sec

Victime d’une sécheresse véritablement exceptionnelle, la région de Tlemcen fait face à une situation qui devient véritablement critique par endroits. En effet, pas ou très peu de précipitations ont concerné le territoire de la wilaya durant ces derniers mois.

A titre d’exemple, le barrage d’El Mefrouch, d’une capacité de 15 millions de m³, est presque à sec. Il dispose actuellement d’à peine 2 millions de m³, alors que l’année précédente, il emmagasinait à cette même période un volume de 7 millions de m³.

Les importants apports d’eau de l’oued Enachef, qui par le passé alimentaient ce barrage du fait des pluies précoces de l’automne, sont quasi absents en ces moments, compte tenu de la sécheresse persistante qui affecte la région. La faute au réchauffement climatique peut-être?

Une grande partie de ce barrage est à sec et envahie par les herbes. Selon des habitants d’El Mefrouch, «ça n’était jamais arrivé, il a si peu plu ici depuis l’hiver dernier, et si ça continue comme ça, c’est toute l’étendue du barrage qui sera à sec, même les poissons sont victimes de l’épuisement continuel des volumes d’eaux de ce barrage, mais aucune opération de sauvetage de poissons n’a été organisée pour le moment, il faut sauver ce qui reste de cette faune aquatique !», témoigne un habitant de cette localité située sur les hauteurs de Tlemcen à plus de 1400 mètres d’altitude.

Les pêcheurs ne jettent plus l’hameçon, car une grande partie s’est transformée en un véritable champ de cailloux et d’herbes à cause de cette sécheresse exceptionnelle, et même des familles accèdent à bord de leurs voitures dans les zones sèches du barrage où les eaux se sont complètement repliées vers la digue de retenue et perdent de plus en plus de leur volume à cause des effets d’évaporation.

«On aimerait aussi que les responsables profitent de cette situation de sécheresse pour lancer des opérations pour nettoyer les sédiments qui sont déposés au fond de cette grande retenue», ajoute cet éleveur qui craint aussi pour ses bêtes. Et d’ajouter : «Les eaux de ce barrage sont vitales pour nous mais surtout pour nos bêtes, qui viennent tous les jours s’abreuver ici. Tous les éleveurs de cette localité dépendent des eaux de ce barrage et ramènent quotidiennement leurs troupeaux ici».

Le second ouvrage, implanté à Béni Bahdel, n’est pas mieux loti, puisqu’il accuse lui aussi un grand déficit, dans la mesure où il ne compte que quelques dizaines de millions de mètres cubes sur une capacité de stockage estimée à 63 millions de mètres cubes. Ce grand ouvrage hydraulique, datant de l’époque coloniale, alimente en eau potable une partie de la wilaya de Tlemcen et quelques communes de la wilaya d’Oran.

Heureusement que les pouvoirs publics ont beaucoup misé, au cours de ces dernières années, sur les eaux de dessalement de la mer (Stations de Honaine et Souk Tleta) pour satisfaire les besoins en eau et l’alimentation de la population, sinon le désarroi des citoyens aurait été plus grand à cause des déficits enregistrés actuellement à cause des faibles précipitations.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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