Les cafés populaires algériens : des moulins à paroles

Le quotidien qui se ménage chez le lambda  Beni safien, se résume aux retrouvailles entre  camarades, copains, cousins, collègues, compagnons, potes et amis. Ils se rencontrent souvent et même trop  pour ne pas trop abuser, autour d’une table  au milieu d’une terrasse de café  public quand la routine se fait douce, d’une ville malfamé trop haït par ses faux habitants .Souvent j’assiste  à ces rencontres sans participation pour tuer le temps vide ou bien c’est plutôt le temps qui me bousille.

Dans la troupe il y a toujours quelqu’un qui tient le crachoir avec une remarquable incontinence verbale insensée tirant vers le chauvin, il ne s’agit pas d’avoir des idées quand la logique dérape et les sens des mots glissent vers l’incompréhension, si bien que cette saynète qui dure plus d’une heure pour casser ou chasser le rythme matinal et terminer le spectacle, ilfaut dire Monsieur que cette scène se déroule sur une terrasse d’un café populaire en plein milieu public.

Dans les lieux publics, Monsieur fait l’intellect  avec des idées lancées à  forte et haute voix pour mieux « chauviniser » le sens qui ne trouve pas de signification dans la raison, le parler arabe dialecte noyé dans un français-espagnol  ou le temps est semblable au mauvais temps pour mieux marquer la présence.  Pas grave disent les collègues le « café press » fait oublier  le temps qui s’en va.

Le cri se manifeste pour faire jouer la concurrence sur j’ai raison par ce cri ( haute voix) et tu as tort par ton silence, autrement chacun parle mais personne n’écoute  parce qu’ on est au café  populaire pour se permettre de dire n’importe quoi .Ce brouhaha populaire dans ce lieu public ( café) interdit toute autre expression fut elle modeste. C’est vraiment impressionnant à regarder de loin les paroles succèdent sans fin éliminent le peu de temps aux auditeurs de placer une remarque ou formuler une critique, l’incontinence de la loquacité fait la règle  de « Monsieur a des idées » ce moulin à paroles..

Durant un bref répit pour reprendre le souffle et chercher les mots qui suivent, l’un des assistants  essaie de prendre la parole dans la foulée. Il n’a pas le temps d’entamer sa suggestion que l’autre correspondant  reprend son boniment sans se soucier de celui à qui, il cloue le bec sans que le respect ne soit de mise. Il est évident qu’il se trouve merveilleusement brillant, on devine le plaisir immense qu’il a à nous gratifier de son savoir à lui et à lui tout seul !.

Souvent  chose qui se répète  pour un tempe de répit,  un autre répond « vite » « vite » à une question déjà posée , il évoque certaines contraintes pour mieux « chauviniser » son idée fixe, et place sa stratégie langagière sur une plateforme pour organiser une procédure encore plus chauviniste pour se valoir en grand homme non commun  de la terrasse du café populaire . Pendant ce temps, il use du soliloque pour dire qu’il réfléchit à haute voix, pour continuer à parler avec une assistance qui attend le tour pour placer un mot, une phrase, une quelconque idée ou baliverner. Finalement, chacun se permet de se moquer des idées chauvines placé sur la table  du café  public de la terrasse  puisque personne n’écoute jamais les remarques qui en découlent ne soient mises en exerce; ne dit-on pas « que dix femmes parlent et mais seulement une qui écoute » …..

Le fond de cet  ergotage en plein lieu public fait que certains en dehors du cercle de la table des copains d’abord découvrent qu’ils leur sont impossible d’être entendus car écouter demande une culture du silence, ils parlent sans empêchement dans le désordre issu d’un brouhaha épuisant, l’ orateur  permet de fournir plus de décibels malgré tout, le haut du volume fait de Monsieur à des idées. C’est une véritable  pétaudière que l’on retrouve souvent dans nos cafés populaire semblable au le Roi Pétaud  qui ne cesse de pérorer et ratiocine avec un art chauvin  ou la redondance fait son chemin vers la Barca qui ne finit pas avec le club de Madrid  dans un duel à sparte.

La fatigue est absente devant un long et si court temps  en train de déblatérer. Les idées de Monsieur  qui riment dans un contexte vivant  plein de maux comme le chômage, l’inflation ,la saleté, la médiocrité, le désordre, le mensonge, l’égoïsme et l’hypocrisie, font des ricochets et c’est la bouche  aspirant et de- aspirant d’une clope de cigarette tout en sirotant un « café press » se contredisent au milieu de la fumée polluante de la cigarette au bec, faute de cendrier qui n’est pas mis sur la table l’important  et de faire valoir que ce Monsieur existe par une incontinence langagière.

Monsieur Lambda  a des idées qui font jaser le temps sur un lieu public pour bien tuer le temps comme on dit chez nous par notre pensée arabe « nak toul al yakt ». C’est un grand privilège pour ce lambda de participer à cette réunion dans un café populaire ou les idées de ce lambda lui font penser à un coq dans une basse-cour ou ce même Monsieur « coq » du haut de son perchoir  lance des cocoricos  afin qu’il se fait entendre par  le monde  pour dire aux poules d’ apprécier ce chant  provenant d’un mal qui  ne suffit de faire que  du bien à ces malheureuses poules et n’ont qu’à suivre ses foulées sans se rechigner.

La ballade des gens heureux dans des cafés publics dit populaire qui consomment beaucoup de temps appartenant aux lambadas algériens ou le « café press » et la cigarette  représentent  deux produits communs aux males algériens qui les traduisent en deux amis fidèles qui l’accompagnent avec ce temps qui s’en va, pour fuir les maux de ce contexte sociétal algérien.

Enfin il ya un adage  propre aux Benisafiens il se répète souvent dans les polémiques publiques il est dit « la secca (endroit  rocheux sous mer en argot espagnol) est un  lieu idéal pour pêcher le gros poisson, ce lieu réside dans les cafés publics Benisafiens ».

Benallal Mohamed, écrivain.

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