Des chercheurs algériens découvrent une maladie rare chez le dromadaire

L’expert international en génétique moléculaire, Gaouar Souheil, a annoncé dimanche avoir découvert la maladie à prions chez le dromadaire. C’est donc une nouvelle protéine prionique cellulaire qui a été identifiée chez le dromadaire et qui s’ajoute aux autres maladies à prions qui ont déjà touché les moutons, les chèvres, les bovins, les élans, les cerfs, les visons et les chats.

Cette découverte prometteuse de la protéine folle, qui a tant occupé la méthode scientifique ces dernières années, a été rendue possible grâce à des recherches et diagnostics effectués depuis 2015 par ce maître de conférences de la faculté des sciences naturelles de l’université Abou BekrBelkaid de Tlemcen, qui dirige un réseau de 40 chercheurs au niveau national et international, et le chercheur-vétérinaire Bab El Hadj Ba Aissa d’Ouargla.

Ces deux chercheurs, sont les premiers dans le monde qui ont pu détecter cette maladie à prion chez le dromadaire algérien avec l’aide de l’institut supérieur de la santé de Rome (le point focal de toute l’Europe), qui a confirmé l’existence de cette maladie après de nombreux tests de biologie moléculaires effectués sur des cerveaux de dromadaires du Sahara soupçonnés d’être atteints par cet agent infectieux très particulier qui n’a pas d’autonomie.

«Pas besoin de le rappeler, la maladie à prions chez la vache a causé la panique des consommateurs de viande à la fin des années 1990. Elle se caractérise par une dégénérescence du système nerveux central causée par l’accumulation de prions dans les neurones. Les prions sont des agents pathogènes atypiques puisque de nature uniquement protéique, à l’inverse des agents pathogènes classiques comme les bactéries, les virus et les parasites qui possèdent en plus de leurs protéines un génome composé d’acide nucléique», a expliqué Dr. Gaouar Souheil.

La protéine de cette maladie cérébrale incurable a été dépisté d’abord sur le cerveau d’un dromadaire âgé de 11 ans par l’expert international Gabriele Vaccari de l’institut supérieur de la santé de Rome, puis sur d’autres cerveaux de dromadaires», a révélé Dr. Gaouar, soutenant que la plupart des maladies à prions atteignent principalement, voire exclusivement, le système nerveux. La modification la plus fréquente due aux prions est la formation de petites vacuoles dans les cellules cérébrales. Progressivement, les cellules touchées meurent et le cerveau se remplit de trous microscopiques.

A l’heure actuelle, ces deux chercheurs poursuivent leurs études pour mieux connaître les voies de transmission du prion qui s’accumule en grande majorité dans le système nerveux central, le cerveau ou la moelle épinière.

Sur cet aspect, M. Gaouar a précisé : «Le prion est soit transmis par voie alimentaire seulement, ou bien il est transmis d’un animal à un autre, ou de l’animal à l’homme. Nous menons des recherches pour connaître les voies de transmission exactes de la maladie à l’homme, et d’un animal à un autre. Une étude génétique par séquençage est presque achevée pour savoir quels sont les polymorphismes qui existent au niveau du gène Prp qui est responsable de la production de la protéine prion normale. Cette recherche est réalisée sur les populations algériennes en coordination avec l’institut italien.

Parallèlement à toutes ces recherches, une étude « cas-témoin » est menée pour connaître quels sont les génotypes au niveau du gène Prp qui confèrent une résistance à l’animal vis-à-vis de la maladie, pour nous permettre de faire la sélection pré-symptomatique des animaux les plus résistants et ce dès leur naissance, afin d’éradiquer cette maladie.

Pour le moment deux hypothèses sont connues: la première, celle du Dr. Bab El Hadj, qui confirme que le dromadaire a changé de régime alimentaire, car il se nourrit des restes des bases de vie des installations pétrolières. Le deuxième est celle de Gabriele qui suspecte que la maladie se transmet à partir des ovins ou caprins. Il est donc nécessaire de comprendre comment cette maladie peut se transmettre afin d’éviter toute nouvelle catastrophe sanitaire».

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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