Constantine et Tlemcen : Deux «capitales», un même patrimoine

Le président de la fondation «Abdelhamid Ben Badis», M. Filali Abdelaziz, a mis en exergue le riche patrimoine matériel et immatériel que recèlent les deux villes de Constantine et Tlemcen.

Dressant une analyse culturelle, historique, et comparative des deux villes, M. Filali a souligné, avant-hier, lors de sa conférence intitulée «Les relations culturelles et intellectuelles entre les villes de Constantine et Tlemcen», présentée à l’occasion du mois du patrimoine au Musée d’art et d’histoire de Tlemcen, que la culture doit devenir une pratique citoyenne dans ces deux villes d’art et d’histoire, qui détiennent à elles seules, le statut de capitales de culture arabe (pour Constantine) et islamique (pour Tlemcen).

«Les fonctions de capitale de culture arabe et islamique sont donc partagées entre ces deux villes, qui disposent d’un patrimoine matériel et immatériel s’exprimant en particulier dans un grand nombre de bâtiments historiques et religieux de différentes confessions, les vieilles médinas, les fêtes religieuses, les coutumes, l’art et la musique, la cuisine et une culture et un paysage urbain uniques et sans égal. Il faut saisir l’opportunité des richesses de leur prestigieux patrimoine vivant, et perpétuer l’activité culturelle dans ces deux villes, qui partagent entre elles un patrimoine matériel et immatériel diversifié et varié, et un héritage culturel fabuleux, qui rayonne ses résonances à travers l’ensemble du pays et à l’étranger. La valeur de Constantine vient de son site extraordinaire, de ses gorges du Rummel qui ont été réhabilitées, de ses ponts dont celui grandiose, un véritable exploit technique, de Salah Bey.

Pour sa part, Tlemcen, ville d’art et d’histoire, possède un riche patrimoine datant d’époques des almoravide, almohade, zianide, ottomane et autres. Son riche passé historique et culturel est devenu un champ de recherche pour les ethnologues et les anthropologues. Son potentiel archéologique et infrastructurel a été enrichi avec la réalisation de nouvelles structures culturelles de grande envergure : Le complexe culturel, le centre d’études andalouses, les galeries d’exposition, ainsi qu’une bibliothèque régionale.

Tlemcen conserve, encore, un riche patrimoine qui reste comme domaine et un terrain à défricher afin de le livrer à la recherche scientifique. L’Algérie, tout entière, peut se vanter de son patrimoine culturel immatériel, digne de ce nom. Constantine et son Malouf, et Tlemcen et sa musique andalouse demeurent, aux yeux de certains socio-anthropologues, un terrain encore vierge, en matière de patrimoine culturel immatériel. Les deux villes présentent une culture architecturale unique et un paysage urbain sans pareil en Afrique et au Maghreb arabe. Chacune ayant marqué de son empreinte l’urbanisme, l’architecture, la culture et l’histoire».

A la fin de sa conférence, le président de la fondation Abdelhamid Ben Badis, Filali Abdelaziz, a été honoré par le directeur de la culture de Tlemcen, M. Slimane Ouidene et ce, en présence du directeur du Musée d’art et d’histoire, M. Benazza Noreddine et de plusieurs chercheurs et étudiants de la wilaya de Tlemcen.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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