Le dépistage précoce pour prévenir le diabète

Le service de médecine interne de l’établissement public hospitalier (EPH) «Chahid Mallem Lahcène» de Ghazaouet a organisé, du lundi 27 au mercredi 29 novembre 2017, des journées d’information, de dépistage et de prévention du diabète et de l’hypertension artérielle, des animations de proximité et des séances de témoignage sur les risques du diabète, au centre culturel «Chahid Aidouni Ahmed».

Il faut le souligner, ce service de médecine interne dynamique, qui déploie de louables efforts en mettant en place localement des actions d’information et de sensibilisation concrètes en faveur de la prévention du diabète, accueille quotidiennement des patients pour bilan de diabète, renforcement éducatif, diabète gestationnel ou suivi de plaie du pied. Le service est composé d’une équipe médicale et paramédicale spécialisée (médecins, psychologues, infirmiers, aides-soignants et agents d’administration), qui permet de répondre aux différents besoins d’une population de patients en expansion constante.

Il est à rappeler qu’en 2016 cette unité d’hospitalisation a relevé quelque 30 personnes développant un diabète sur près de 205 personnes qui se sont présentées pour le dépistage.

Animant un point de presse en marge de cette manifestation organisée sous le thème «L’attente augmente les risques» pour capter de nouveaux diabétiques, le chef de service du service de médecine interne de l’EPH, Dr. Mostéfa Sidi Mohamed, a rappelé que le diabète se caractérise par un taux de sucre trop élevé dans le sang : une hyperglycémie liée à un mauvais fonctionnement du pancréas.

Lorsqu’il n’est pas pris correctement en charge, le diabète peut entraîner de graves complications (perte de la vision, troubles cardio-vasculaires, amputations, etc.). Soigné et dépisté à temps, il est possible de bien vivre avec. «Le diabète est une maladie insidieuse car elle ne fait pas mal et ses conséquences, qui sont irréversibles, ne sont visibles qu’à long terme. Ainsi, un retard dans la découverte implique un retard dans le traitement. Le diabète est une maladie chronique qui ne se guérit pas mais que l’on peut traiter et contrôler.

Une personne diabétique est une personne qui présente un taux anormalement élevé de glucose dans le sang. Il s’agit d’un type de sucre présent dans certains aliments qui nous permet d’apporter l’énergie nécessaire à notre organisme. Cette maladie est causée par un manque ou un défaut d’utilisation de l’insuline. Cette hormone sécrétée par le pancréas permet en temps normal d’équilibrer le taux de glucose circulant dans le sang. Cette fonction étant affectée, le corps n’est plus en mesure d’utiliser ni de stocker le glucose convenablement, ce qui entraîne son accumulation excessive dans le sang : hyperglycémie. Un diabétique sur deux s’ignore en Algérie.

L’incidence du diabète dans notre pays varie entre 8 et 12% de la population», a encore souligné Dr Mostéfa qui a précisé que pour la commune de Ghazaouet, le taux de prévalence du diabète est de 12%.

Et d’ajouter : «Pour le HTA, 35 à 40% de la population sont atteints, ce qui est énorme ! Les deux causes principales du diabète sont la malbouffe et le manque d’activités physiques. Il y a nécessité pour le diabétique de savoir trouver un juste équilibre. Le diabétique doit rechercher cet équilibre dans la vie quotidienne, grâce à une alimentation équilibrée et une activité physique régulière. Une assiette équilibrée doit contenir 50% de légumineuses, 25% de féculents, 25% de protéines, une portion de dessert et une portion de fruits, sachant que les féculents contiennent entre 20 et 50% de sucre».

Souhaitant le développement du dépistage individuel du diabète par les médecins généralistes, Dr Mostéfa a souligné la nécessité de développer la mise en place de maisons et de lieux de rencontre, d’information et d’écoute pour toutes les personnes diabétiques et leur entourage.

Pour sa part, Nawel Aichi, chef du service de pédiatrie à l’EPH de Ghazaouet, a révélé que l’augmentation du nombre de diabétiques concerne toutes les classes d’âge. Contrairement à une idée reçue, les plus jeunes ne sont pas épargnés. En 2016, on compte 1 million de diabétiques avant l’âge de 15 ans en Algérie. «Cette évolution n’est pas sans conséquence, elle représente au contraire un défi pour la médecine. En effet, avec un diabète débutant dans l’enfance, la durée de suivi est plus longue et donc le risque de complication est plus important.

De plus, le diabète de type 2 généralement réservé à l’adulte touche de plus en plus d’adolescents en raison du nombre croissant d’enfants atteints d’obésité», a-t-elle souligné.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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