Deux grandes figures de la révolution s’en vont

 

Tlemcen a perdu deux grandes figures de la révolution, en l’occurrence le colonel Bachiri Yahia (dit Mahmoud) et Dr Hamidou Fethi Rachid (doyen des médecins). Ils ont été enterrés lundi au cimetière de Sidi Senouci après la prière du dohr en présence du wali de Tlemcen, Benyaiche Ali, du président de l’APW, Dr Bekhechi Mohamed, du sénateur Ouraghi Ahmed, du député Bounaga Kamel, et des amis et proches qui étaient très nombreux à se déplacer à Tlemcen pour saluer la mémoire de ces deux moudjahidine.

Plusieurs personnalités et représentants de l’organisation des Moudjahidine, à l’image de Hadj Omar, Affane Guezzane, Boucetla, Redouane Lachguer, étaient également présents aux obsèques.

Né en 1939 à Sidi-Djillali, Bachiri Yahia est décédé au service de cardiologie du CHU de Tlemcen. Il avait rejoint les rangs de l’armée de libération nationale en 1958 à l’âge de 18 ans, et participa à des batailles contre l’ennemi français dans la zone frontalière de l’ouest du pays en compagnie des officiers responsables, tels El Oued Salah En Nehari, Redouane Lachgueur, Affane Guezzane Djillali, Belaid Ferhat, Mohamed Karmad, Hadj Aidouni et Redouane Abid avec lesquels il a fait preuve d’un grand courage qui lui a valu respect et confiance.

Peu après l’indépendance, si Mahmoud participa à la guerre des Sables d’octobre 1963. Ensuite, le regretté prit également part dans l’armée algérienne à la guerre contre Israël en 1967-68 et 1973. Il parvint, en outre, à libérer des dizaines de prisonniers algériens lors des affrontements algéro-marocains de 1976 et fut remercié par le président Houari Boumediene.

En 1986, il prit sa retraite avec le grade de colonel, et rejoint le Conseil national des moudjahidine avant de se retirer définitivement en 2003 de toutes activités. Les honneurs militaires ont été rendus par un détachement de l´ANP en présence du chef de la deuxième Région militaire, le général-major Saïd Bey, à ce moudjahid qui a refusé tous les postes de responsabilité qu’on lui avait proposés.

Pour sa part, le moudjahid Hamidou Fethi Rachid est né 1924 à Tlemcen. Il est parmi la génération des étudiants qui ont été contraints de s’expatrier en France pour suivre leurs études en médecine, car dans les années 40, il n’y avait pas de faculté de médecine en Algérie. Militant actif du Parti du peuple avec Messali Hadj, il rejoint en 1955 les rangs de l’ALN.

Débusqué en 1957 par l’armée coloniale, le défunt fut condamné à mort et interné dans le sinistre centre de concentration de Bossuet de Dhaya à Telagh dans la wilaya de Sidi Bel-Abbès. Cet ancien compagnon du docteur Benaouda Benzerdjeb, le colonel Dghine Lotfi et docteur Kara, a été libéré en 1959 et mis sous surveillance.

Au lendemain de l’indépendance, il consacre toute sa vie à la médecine d’abord à Mechria, puis à Tlemcen en compagnie des médecins Mustapha Yadi, Baba Ahmed, Kara, et Gaouar Abdelkrim. Il assure par la suite les fonctions de directeur de la santé et de la population de la wilaya de Tlemcen.

Selon son ami, le docteur Baghli Abdelouahab, «Si Hamidou était un homme d’une grande culture et raffiné. Il aimait dialoguer, et aurait pu faire une carrière administrative lorsqu’il a été désigné comme DSP à Tlemcen, mais le regretté a préféré exercer la profession de médecin et être près du malade afin d’alléger la souffrance de l’être humain. Il avait décidé de venir en aide à ces laissés pour compte».

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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