Disparition de Nihal Si Mohand : crainte d’un dénouement tragique

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Après onze jours d’attente, d’angoisse et de recherche, l’affaire de la disparition mystérieuse de la fillette de 4 ans, Nihal Si Mohand, au village Aït Abdelouahab, dans la commune d’Aït Toudert, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de Tizi Ouzou, serait en passe de son dénouement d’un moment à l’autre.

Hier, en fin de matinée, un élément nouveau est apparu dans cette affaire qui a tenu en haleine toute la population de Kabylie. À moins de deux kilomètres du petit hameau de Tala Nevhassa où la petite fillette a disparu, une robe tachée de sang a été découverte. Il était 11h30 environ lorsqu’un chien appartenant à un berger est subitement réapparu devant son maître avec entre les canines ladite robe. Le berger qui serait âgé entre 14 et 15 ans, est pris de panique. Il accourt au village pour informer les habitants qui, à leur tour, ont informé immédiatement la gendarmerie. À notre arrivée sur les lieux, à 15h, une vingtaine de véhicules de gendarmerie étaient en stationnement sur la placette où la robe a été abandonnée par le chien. Plusieurs dizaines de gendarmes étaient déjà à l’œuvre, dispersés sur la vaste étendue dite Azaghar. Ils ont passé au peigne fin un vaste périmètre. Cependant, des habitants qui formaient des groupuscules, qui palabraient, tout en ayant les yeux rivés sur les lieux de recherches, racontaient que Mokrane, le père de Nihal, avait déclaré que la robe tachée de sang retrouvée dans un petit ravin faisant face à l’habitation du berger est de couleur verte alors que celle que portait sa fille était de couleur bleue. La robe devait faire l’objet d’analyses pour déterminer si elle appartient réellement à la fille disparue, chuchotaient les rares langues qui se sont déliées sur place. Une source judiciaire a fini par confirmer que la robe appartient effectivement à la petite fille. Subitement, une équipe cynotechnique de la protection civile arrive sur les lieux. Il était 16h. Cinq chiens se mettent à la recherche dans toute la zone. Subitement, un mouvement de gendarmes a été remarqué. Ils convergent vers un même endroit, situé dans un autre ravin situé à une centaine de mètres de celui où la robe avait été découverte. Plusieurs 4×4 de la gendarmerie, de la Police scientifique et du procureur avancent en cahotant sur la piste menant vers cet endroit. Les habitants et les journalistes sont laissés à l’écart. Impossible de s’en approcher. Des gendarmes rôdent autour de deux bâtisses situées à moins de 50 mètres de l’endroit. D’autres deviennent invisibles à peine la descente vers le ravin entamée. À l’extérieur de la zone bouclée, l’on parle de découverte d’un cadavre. “Rien de nouveau”, déclarent d’autres.

Un appel à la population des autres régions venait d’être lancé par les membres du comité de village l’invitant à venir participer à une grande opération de recherche pour aujourd’hui à 6h. Immédiatement, des groupes d’habitants, de plus en plus nombreux, affluent vers cette zone située en contrebas d’Aït Abdelouahab. Une grande confusion règne sur les lieux. La colère se lit sur tous les visages. Un terrible choc. Une information diffusée par une télévision devenue le porte-parole local, et même nationale, de la gendarmerie a bouleversé les habitants qui ont littéralement assiégé la zone. Cependant, les véhicules de la gendarmerie, de la Police scientifique et de l’équipe cynotechnique de la Protection civile quittent les lieux en même temps, avec en la tête un camion dont la bâche a été bien fermée.

En début de soirée, des sources sécuritaires nous ont indiqué qu’un corps avait été découvert et était en cours d’acheminement vers la morgue du CHU de Tizi Ouzou, mais sans fournir plus de détails. Côté officiel, c’est motus et bouche cousue. Contrairement à ce qu’avait promis le ministre de la Justice, Tayeb Louh, aucun responsable n’a daigné communiquer. Cependant à Ouacifs, une grosse colère sur fond de tristesse continuait de régner.

Samir LESLOUS

Liberté

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