Entre canicule et méchants moustiques

L’été est insupportable cette année à Hennaya (10 kilomètres au nord de Tlemcen). En l’absence de structures nautiques et de piscines pour se rafraîchir durant la journée, les habitants et notamment les jeunes n’ont qu’une seule solution pour survivre à cette fournaise, celle de s’octroyer chez eux une sieste plus longue l’après-midi. Cette canicule qui met à rude épreuve les nerfs des riverains est synonyme de souffrance notamment quand il fait chaud jour et nuit, car beaucoup de familles n’ont pas de clim.

Pour leur part, les moustiques font des misères aux habitants cet été. Plus nombreux, plus virulents, ils pullulent depuis plusieurs semaines dans la ville. Sans compter les autres insectes piqueurs ou mordeurs qui leur tournent autour, tels que les mouches hématophages, taons et autres guêpes.

« Cet été on n’arrête pas de se faire piquer, ça devient insupportable ! », déplore Omar qui habite tout près d’Oued Galliane dont le cours d’eau est très infesté par les rejets d’égouts publics. Son voisin Saïd est sur la même ligne. Ce handicapé hennaoui est couvert de boutons : « Je ne suis jamais piqué d’habitude mais cette année ça démange sans arrêt ! Elles sont nombreuses ces bestioles.

Mais, on se demande où sont les responsables concernés pour éradiquer la prolifération de ces petites bêtes dans l’agglomération de Hennaya », s’interroge-t-il. Selon un médecin des urgences médico-chirurgicales du CHU de Tlemcen, « les moustiques sont très virulents cet été. Beaucoup d’habitants de Hennaya sont victimes des piqûres agressives et intensives. Parfois, l’on constate des réactions allergiques impressionnantes chez ces gens ».

La population craint surtout les moustiques tigres qui semblent s’être installés dans certaines localités du pays. Sid-Ahmed, trentenaire, avoue que « cette année il fait très chaud ! C’est vraiment compliqué pour les habitants qui font ce qu’ils peuvent pour ne pas trop souffrir de la canicule étouffante qui écrase la ville depuis juillet dernier. De plus, l’humidité des barrages environnants de Sekkak, Hammam Boughrara et Sidi Abdelli est venue s’ajouter ces dernières années à la chaleur dans la région.

Le taux d’humidité de l’air est très élevé et vraiment on suffoque. Certes, certains jeunes partent à la mer. Les plages de Rechgoun, Madrid, El-Ouardania, M’khaled, Tafessout, Sidi Youchaa, Bider et Marsa Ben M’hidi deviennent même leurs destinations privilégiées. Mais il y en a beaucoup qui restent, et malheureusement ils n’ont pas où se baigner ».

De nombreux habitants prennent les crémeries d’assaut le soir, pour siroter une glace ou des boissons fraîches. En effet, non loin du siège de l’APC au centre-ville, les deux crémeries de Brixi et Khemmar animent le grand boulevard de l’Indépendance. Ces boutiques constituent d’ailleurs le seul vrai moment de détente et de plaisir qui s’offre à tout le monde.

« Nous n’avons pas de choix, la seule solution pour nous est de faire suffisamment de sieste pour veiller longtemps la nuit, prendre de la glace aux saveurs multiples, boire beaucoup d’eau froide et veiller à l’extérieur le plus longtemps possible pour ne pas subir la chaleur qui règne à l’intérieur de nos habitations », souligne Abderrazek, un sportif de Hennaya.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran)

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