La fantasia des Ouled N’har draine la grande foule

Au sud de la wilaya de Tlemcen, dans les hauts plateaux, la fantasia est largement répandue à travers l’ensemble des communes de Bouihi, Sebdou, El Aricha, El Gor ainsi qu’à Sidi-Djillali. Il faut dire que dans cette région la fantasia a conservé sa plus forte vitalité et son caractère le plus traditionnel.

Ce « jeu équestre » ou « jeu de la poudre » où l’on peut admirer des cavaliers lancés au galop, le fusil visant quelque ennemi imaginaire, ne meurt jamais chez les tribus d’Ouled N’har, Ahl Angad, Ouled Ouriache qui restent très attachés à leur origine et leur tradition équestre très ancienne.

Ce week-end, près de 37 clubs équestres dans lesquels on a pu compter plus de 600 chevaux, venus de Naâma, Saïda, Sidi Bel Abbès, Mascara et Tlemcen, se sont donné rendez-vous à Sidi Djillali (50 kilomètres au sud de Tlemcen), pour prendre part au festival de fantasia annuel « Maârouf El Kheir», qui réunit toutes les familles de la localité de Sidi Djillali, même celles qui résident dans d’autres wilayas, pour vivre au rythme de la fantasia, du cheval (l’animal emblématique d’Arch Ouled Anhar), du fusil, de la fête au village et de la pratique très ancienne au cours de laquelle des cavaliers, munis de fusils et chevauchant des montures richement harnachées, simulent une charge de cavalerie dont l’apothéose est le tir coordonné d’une salve de leurs armes à feu.

« Ici tout le monde possède au moins un cheval et un fusil, car nous voulons sauvegarder cette tradition de jadis qui perpétue les valeurs de l’hospitalité, de la solidarité et de l’union entre toutes les familles. La fantasia est aussi, pour nous tous, un acte de fierté, de courage, de force et de victoire héroïque contre l’occupant français durant la guerre de libération nationale pour que nul n’oublie les sacrifices de nos valeureux chouhada et moudjahidine qui sont très nombreux dans la région de Sidi Djillali.

Cette manifestation, rassemble toutes les familles et des curieux qui affluent de partout pour voir des démonstrations rituelles de force et de courage des chevaliers qui excellent dans le jeu des chevaux et le jeu de poudre. Pratiquement chaque foyer prépare et offre du couscous, des dattes, du lait et de l’eau pour les invités durant cette rencontre festive », a souligné Hadj Djillali Benahmed, un natif de Sidi Djillali qui habite à Oran.

Il faut également noter, que cette année les cavaliers ont joué dans de bonnes conditions, puisque les autorités locales ont aménagé une grande plateforme (clôturée) pour les courses, située dans le centre urbain de la ville. Un grand chapiteau a été dressé pour accueillir les autorités de la wilaya où l’on a remarqué la présence du wali de Tlemcen, Benyaïche Ali, et de nombreux membres de l’APW et d’ex-hauts responsables.

A noter, qu’à un jet de pierre de cet endroit, un centre équestre, qui s’étend sur une superficie de 6 hectares, a été inauguré en mars 2017 à Magoura (commune de Bouihi). Ce centre est composé, entre autres, d’écuries, d’un bloc administratif et d’un terrain de dressage. C’est l’occasion pour faire découvrir davantage la passion du cheval en plus de l’organisation de rencontres de la fantasia. Il s’agit également d’un atout pour préserver cette espèce animale, symbole de fierté.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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