Les habitants de Sidi-Aïssa dénoncent

A Sidi-Aïssa, hameau situé à un jet de pierre de l’agglomération de Safsaf dans la commune de Chetouane, à moins de 7 km de Tlemcen, les problèmes d’atteinte aux terres agricoles se sont accrus ces dernières années avec la forte urbanisation et la rareté du foncier dans le grand Tlemcen (Chetouane, Mansourah et Tlemcen) poussant des familles à aller dénicher des lots de terrain dans la banlieue du chef-lieu de Tlemcen, pour construire leurs habitations.

La compétition pour la parcelle de terrain y est très rude. De nombreux propriétaires (souvent des héritiers) et des courtiers procèdent à des morcellements illicites et détournent ainsi des terres de leur vocation agricole, ce qui n’est pas sans conséquences pour la culture et la production agricole.

Selon des habitants de cette agglomération de 1.000 âmes, qui ont pris attache avec notre journal, une vaste parcelle de terres agricoles subit ces derniers temps le même sort. Le mètre carré est cédé par un courtier à 6.000 et 7.000 dinars, et certains acquéreurs ont déjà monté les murs extérieurs de leurs bâtisses et se préparent à réaliser leurs coffrages pour couler les dalles du rez-de-chaussée, tandis que d’autres exécutent les fondations et les plateformes de leurs habitations.

Les acquéreurs retardataires s’attèlent à implanter leurs assiettes de terrain pour procéder aux terrassements et fouilles des fondations de leurs maisons», soutiennent les habitants de Sidi-Aissa qui se sont installés dans le village avant l’indépendance.

«Avant, cette grande parcelle agricole très fertile produisait du blé tendre, blé dur et l’avoine, maintenant elle est vendue en lots de terrain à bâtir ! Son usage a été détourné de sa fonction initiale, elle est devenue un grand chantier d’habitat ! Pourtant, nous avons alerté les autorités locales de Chetouane, la direction de l’agriculture et la justice. La gendarmerie s’est déplacée sur les lieux à plusieurs reprises mais les contrevenants poursuivent les travaux de construction de leurs habitations !», ajoutent ces habitants qui veulent organiser prochainement un sit-in devant le siège de la wilaya pour interpeller le nouveau wali et faire stopper les constructions illicites et la dilapidation des terres agricoles.

Il faut souligner dans ce contexte, que les champs de cette localité situés en amont du barrage d’El Mefrouch, constituaient il y a à peine quelques années, le grenier de la ville de Tlemcen en lui fournissant de la laitue, tomates, concombres, mais aussi haricots, pommes de terre, oignons, abricots, pêches, et des nèfles.

Par ailleurs, les habitants de Sidi-Aissa se disent confrontés au problème d’alimentation en eau potable et attendent avec impatience l’approvisionnement de leur localité avec l’eau de dessalement, car presque la moitié de ce village est privée de cette ressource vitale et ce, malgré la réalisation récemment par l’APC de Chetouane d’un château d’eau. Les habitants ont, en outre, posé le problème de la réhabilitation de l’unique route qui donne accès à leur hameau.

«Cette route est trop étroite et dangereuse, et elle n’est pas éclairée la nuit. Avec les nouvelles constructions de l’habitat précaire, notre village commence à prendre de l’ampleur», indiquent-ils.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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