Haut lieu de mémoire : le Bastion 18 dans un état d’abandon

Le centre de torture érigé au centre-ville de Tlemcen durant la guerre de libération nationale appelé communément « Bastion 18 » est dans un état d’abandon total. Haut lieu de mémoire de la souffrance des moudjahidine et des patriotes, ce centre dont la porte d’accès est verrouillé, ne peut même pas être visité.

Tabet Aoul Abdesslem qui a été parmi les détenus atrocement suppliciés et qui porte encore les stigmates sur son corps, estime « que cet endroit sacralisé par le sang de centaines de fedayin et de moudjahidine qui y ont succombé à des tortures difficilement racontables, a été honteusement abandonné aux méfaits du temps et des hommes. »

Mis en place en 1957 par les troupes d’occupation et géré par le dispositif opérationnel de protection (DOP), le centre de torture comportait 25 cellules de 2 x 2 m2 chacune où le prisonnier, comme une loque, subissait la difficile épreuve de l’isolement total. Il était jeté là des mois durant sans aucune couverture, grelotant en hiver par moins zéro degré Celsius et suffoquant en été comme dans une fournaise. C’était un avant-goût de la gégène et des autres procédés avilissants qu’il subissait plusieurs fois par jour.

Tabet Abdesslam et l’écrivain Réda Brixi, lui aussi incarcéré dans ce triste lieu, ont consacré chacun un ouvrage au Bastion 18 pour remémorer à l’intention des jeunes, les sacrifices de la génération qui a rejoint le front de la résistance et de la lutte armée pour hâter l’indépendance du pays.

Aussi paradoxal que celui puisse être, le Bastion 18 allait être complètement rasé par les services de la wilaya pour un projet de prolongement d’une voie de circulation routière. C’est grâce à l’association de protection de l’environnement (Aspewit) qui a remué ciel et terre, que l’historique Bastion 18 a pu être sauvé.

Liberté

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