Hennaya obligée de revoir sa copie

La ville de Hennaya a connu, ces dernières années, la concrétisation de nombreux projets de logements sociaux et promotionnels, et de multiples opérations d’habitat individuel, qui ont complètement transformé sa conception urbaine et son organisation spatiale.

Néanmoins, la question des équipements publics (marché de légumes et fruits, centre de santé, centre de jeunes, bibliothèque, crèche) et des aménagements urbains (aires de jeux pour enfants, mobilier urbain et bancs, espaces pour organiser des évènements) qui favoriseront la réussite socioéducative au cœur de ces nouvelles cités, suscite de l’intérêt et quelques inquiétudes.

En outre, le manque d’aménagements de protection contre les crues d’eau, l’absence d’avaloirs et de caniveaux et l’état déplorable de certaines rues dans ces centres urbains nouvellement créés préoccupent de plus en plus les riverains, notamment ceux de «la Gare», qui se sont plaints des dangers des crues répétitives qui menacent leurs résidences quand il pleut, et l’état défectueux des routes de cette agglomération composée d’habitations individuelles disposées linéairement (en rez-de-chaussée), non loin des immeubles des cités 82 logements et 160 logements et du stade communal de football de la ville.

«Les avaloirs et caniveaux censés reprendre les eaux pluviales et de ruissellements n’existent pas dans cette zone inondable. Nous n’avons ni trottoirs, ni chaussées goudronnées, ni regards adéquats, et les seuls regards qui existent au milieu de la route ne servent à rien, car cela fait longtemps que ces ouvrages émergent de plus d’un mètre du sol, après que des travaux de dénivellation eurent été entrepris puis abandonnés. Quand il pleut, les eaux s’infiltrent dans nos habitations. En été, la poussière envahit nos fenêtres et remplit nos chambres. Nos enfants ont vraiment peur d’aller à l’école lors des pluies torrentielles. Tout ce que l’on demande, c’est que les autorités locales aménagent ces voiries avec reprise de l’eau pluviale et procèdent au bitumage total des chaussées de notre quartier. Nous aussi, nous sommes des citoyens ! Pourquoi on ferme les yeux sur notre cité ?» se désolent ces habitants.

Par ailleurs, les précipitations enregistrées ces derniers temps dans la ville de Hennaya ont révélé de graves défaillances dans le tout-à-l’égout qui est totalement défectueux, et les réseaux d’assainissement qui sont mal entretenus et partiellement organisés.

La ville a besoin aujourd’hui d’un vrai programme d’action et de prévention des inondations pour ces quartiers afin de préserver les habitants et éviter des évènements fâcheux qui peuvent surgir lors des orages violents dans la ville. La cité de «la Gare» et le quartier des 120 logements, des zones inondables, sont particulièrement concernés par les épisodes d’inondation qui surviennent chaque hiver à Hennaya. Leurs ouvrages doivent être connus et bien entretenus surtout face aux effets du changement climatique en cours, qui est derrière de nombreuses catastrophes naturelles.

De même, il faut revoir la politique d’urbanisation de la ville de Hennaya. Il faut surtout prendre conscience des impacts que cette politique peut avoir à un moment donné.

Ces dernières décennies, on a construit à Hennaya des centaines de logements dans des zones inondables. Ce qui inquiète, c’est de savoir si les personnes qui ont été contraintes d’être en zone inondable sont bien conscientes des risques. Il faut que les personnes qui y résident soient informées des risques et qu’elles sachent quoi faire en cas d’inondation, qu’elles adoptent les bons comportements.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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