Inondations et aménagements urbains préoccupent les habitants

Les riverains du lotissement de l’Agence foncière de Tlemcen (AFIT) de Bouhanak (commune de Mansourah) sont en alerte en raison des inondations causées par les dernières précipitations qui ont arrosé la région. Rencontrés lundi dernier dans ce quartier situé près des 400 logements de Bouhanak, les résidents sont très inquiets.

«Nous n’avons jamais vu pareille situation dans notre quartier qui a été complètement noyé par les eaux pluviales. Les crues sont exceptionnelles cette année dans ce secteur. Le problème se situe au niveau des versants qui donnent directement sur l’emprise foncière de notre agglomération, car les eaux de ruissellement proviennent en grande quantité du chantier des 5.000 logements AADL et se retrouvent piégées à chaque précipitation intense, sans possibilité d’une évacuation à l’égout public ou vers une autre direction. Les mouvements de terres et déblais entassés sur le sol, qui recouvrent l’espace public, viennent contrarier le cycle naturel de l’eau et canalisent les ruissellements des crues pluviales, qui envahissent toutes nos rues et habitations. Les autorités locales doivent mettre fin à cette situation qui nous préoccupe beaucoup. Nous sommes vraiment en danger», se lamente M. Amine, depuis 8 ans dans ce quartier.

Pour tous ces habitants, les nuits ont été mouvementées ces derniers jours, car il fallait se réveiller toutes les heures pour surveiller les eaux et alerter les familles. «Nous avons passé des nuits cauchemardesques lors de ce déluge, on ne pouvait même pas dormir, car on craignait le pire pour nos enfants. Quelques familles plus exposées ont été obligées de quitter provisoirement leurs domiciles», souligne pour sa part M. Amiri.

Il faut dire que dans ce quartier créé par l’AFIT au début des années 90 sur un terrain accidenté, «la vie s’est arrêtée, c’est comme si on était à Bab El Oued d’il y a longtemps». «Des eaux impressionnantes ont envahi ma maison sur une hauteur de presque 2 mètres, et mes enfants ont été sauvés grâce à mes voisins qui m’ont aidé ensuite à évacuer les eaux, même si je n’ai pas pu récupérer mes affaires. Nous sommes tous confrontés à ce problème récurrent d’inondations, et à chaque forte averse nous vivons cette situation. On remercie le chef de daïra et le maire qui sont venus nous voir, on espère qu’ils règleront le plus rapidement possible ce problème», ajoute M. Zouaoui, très marqué par les pertes qu’il a subies à cause des inondations qui se sont produites dans la nuit de vendredi.

Ces habitants sont unanimes pour affirmer que le relief accidenté de l’emprise urbaine de leur quartier et l’absence de protection contre les crues sont derrière ces crues répétitives. Ils en appellent aux pouvoirs publics pour mettre rapidement en place des actions afin de prévenir les pluies diluviennes saisonnières, collecter les débits d’écoulement et empêcher les débordements sur leur quartier.

«Notre quartier est vraiment très exposé aux précipitations, il ne dispose même pas d’avaloirs ! Il a besoin d’un vrai plan de prévention des risques d’inondation. La prévention permet aussi de minimiser l’ampleur des inondations en élargissant le champ d’intervention technique aux zones productrices de l’écoulement tels que les versants. En effet, parce que l’inondation est liée à un enchaînement de processus, dont les précipitations constituent le plus souvent le point de départ, c’est donc le cheminement de l’eau qu’il faut suivre au sein d’un bassin versant pour comprendre la naissance de ces phénomènes et éventuellement tenter d’en limiter les effets ».

Par ailleurs, les riverains ne sont pas contents des travaux d’aménagement urbain de bitumage, pavage, bordures et de caniveaux en cours de réalisation par une entreprise privée. Faisant part de leurs inquiétudes sur la conception des voies d’accès principales (à partir de l’école Chahid Bourik Mohamed) à ce quartier de l’AFIT, au futur grand centre urbain des 5.000 logements AADL, et autres projets d’habitat projetés dans cette zone d’habitat nouvelle, située à l’ouest de la ville de Tlemcen, ils soulignent: «Est-ce normal qu’une voie de 6 mètres et des trottoirs de 50 centimètres, puissent desservir tout ce beau monde qui va plus tard vivre ici ? Non, vraiment c’est trop exigu pour la circulation et les piétons ! Pourtant les espaces existent si l’on veut aménager de grandes voies avec un terre-plein central et des trottoirs larges. Nous ne sommes absolument pas contre l’aménagement de notre quartier, mais contre l’improvisation !

Il ne s’agit pas de gaspiller les terrains. Il faut densifier cette zone qui évolue fortement, en faisant venir des commerces et en proposant une meilleure qualité de vie aux habitants», dénonce un représentant des riverains des 70 logements de l’AFIT.

 

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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