Issad Rebrab, dans une conférence, hier, à l’université : “L’Algérien peut innover si on lui en donne la possibilité”

Le patron de Cevital qui s’est proposé de signer des conventions-cadres et de coopération avec l’université Aboubakr-Belkaïd a évoqué les perspectives d’investissement en Afrique, un continent, a-t-il dit, qui détient de formidables potentialités dans de nombreux domaines.

Issad Rebrab, président fondateur du groupe Cevital, a animé, hier, lundi, à l’auditorium de la faculté de médecine de l’université Aboubakr-Belkaïd de Tlemcen, une conférence sur le thème : “La co-innovation, la colocalisation et le développement du territoire”. Devant un parterre d’étudiants et d’enseignants très attentifs, le premier capitaine d’industrie en Algérie a fait part de sa longue expérience en matière d’innovation économique, citant les nombreux projets mis en place à travers le territoire national et à l’international, en Afrique, en Europe, en Amérique latine et en Asie, dans 17 métiers différents.
Il a parlé du nouveau concept de coproduction (ou colocalisation) “qui consiste à élargir l’investissement vers l’extérieur pour créer une synergie susceptible de procurer des avantages gagnant-gagnant dans deux pays différents”. Cela repose, a-t-il expliqué, “sur le développement conjoint d’une chaîne de valeur entre deux partenaires industriels de pays possédant des avantages comparatifs agissant en synergie, ce qui permet de soutenir l’expansion mutuelle des deux partenaires”. Citant le cas de la société Brandt, reprise en France par le groupe Cevital qui a maintenu en place 1 200 emplois et, par ricochet, en a créé 7 500 autres en Algérie, M. Rebrab a tenu à préciser que “cette opération à l’internationale s’est opérée sans qu’aucune devise ne sorte de l’Algérie”. Le président du premier groupe privé algérien qui a été longuement reçu par le wali pour discuter des opportunités d’investissement à Tlemcen et sa région a rappelé que le groupe Cevital a réalisé l’une des plus grandes unités industrielles dans le secteur de l’électroménager, qui s’étend sur une superficie de 110 hectares dont bientôt 50 hectares couverts.

Il a beaucoup insisté sur le chapitre de la recherche, rappelant que Cevital détient son propre centre de recherche et de développement et se propose d’investir au niveau de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique pour favoriser l’émergence de compétences. À ce titre, il a annoncé que les majors de promotion des différentes facultés de l’université de Tlemcen qui compte 40 000 étudiants, dont de nombreux ressortissants africains, seront recrutés par Cevital, s’ils le désirent.
Le patron de Cevital qui s’est proposé de signer des conventions cadres et de coopération avec l’université Aboubakr-Belkaïd, qu’il considère comme l’une des plus innovantes en Algérie, a évoqué les perspectives d’investissement en Afrique, un continent, a-t-il dit, qui détient de formidables potentialités dans de nombreux domaines.
Le mot de la fin a été laissé à M. Rebrab, qui a déclaré : “Nous n’avons aucun problème pour réussir. L’avenir est entre vos mains, vous les étudiants, managers de demain. Vous avez une chance extraordinaire de fréquenter une aussi prestigieuse université que celle de Tlemcen, qui porte le nom d’un grand militant et intellectuel, Aboubakr Belkaïd. Il ne faut surtout pas être freiné dans votre démarche de recherche de la connaissance et du savoir. Nous avons un pays extraordinaire où tout est permis en matière d’innovation. Contrairement à ce que l’on avance çà et là, les Algériens sont capables de réaliser des prouesses dans tous les secteurs d’activité, il suffit qu’ils soient bien formés et bien encadrés. Ainsi, ils peuvent rivaliser avec les meilleurs ingénieurs au monde, j’en suis convaincu.”
Le second conférencier, Jean-Louis Levet, haut responsable de la coopération industrielle algéro-française, a abordé le thème des “enseignements et des perspectives de la coopération économique franco-algérienne”. Il a souligné que la France et l’Algérie détiennent ensemble un formidable canevas de coopération susceptible de leur permettre de franchir d’importantes étapes en matière de coopération.
Le conférencier, spécialiste de l’économie industrielle et de l’innovation et des politiques publiques en faveur du développement productif, a estimé que l’Algérie est une zone charnière entre l’Union européenne et l’Afrique, continent qui va compter, dans les années à venir, environ 400 millions d’habitants supplémentaires.
Cela condamne les deux pays à travailler ensemble, et d’égal à égal, pour hisser ce continent à un niveau de développement qui lui permette de faire face aux défis du futur.

Liberté

 

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