Journée de l’enfance: une exposition du CAREX au palais de la culture

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Par Khaled Boumediene

Pour la célébration de la journée de l’enfance, le premier juin, le centre des arts et des expositions a voulu se distinguer avec une exposition des arts plastiques de l’artiste plasticien Noureddine Benhamed. Une exposition présentée sous le thème « victimes de l’indifférence », un ensemble d’installation artistique ou l’artiste essaie de donner son point de vue sur la situation que vivent les enfants dans des pays de conflits, à l’instar de la Syrie, le Yémen, le Liban et plein d’autres.

Cette exposition, selon le directeur du CAREX, M. Boudefla Amine, pousse le grand public à réfléchir plus qu’à lire et voir ces enfants, qui sont doublement victimes de ces guerres, entre morts, déportations, harga, ou vie dans des camps de réfugiés, mais surtout victimes de l’indifférence. Sur la toile l’on peut regarder des milliers d’images, qui devraient choquer plus d’un, mais à force de voir autant de choses, l’on devient indifférent envers ces enfants, et justement c’est de cela qu’il s’agit dans cette exposition : l’indifférence envers ces victimes.

Pour bien commencer la visite de l’exposition, l’on peut retrouver un texte introductif écrit par l’artiste. Ce point de départ incite mais aussi implique le visiteur a mieux saisir les images et surtout le mettre dans l’ambiance de l’exposition, qui est divisée en cinq parties distinctes mais liées entre elles par un fil conducteur que l’on retrouve le long du parcours.

Une première partie nommée « état des lieux » ou sur une fresque longue de 04 mètres, l’article a peint des silhouettes d’enfants de tous âges debout sur une même ligne avec plusieurs pauses pour indiquer les différences de chacun mais intégrés dans un fond plein de machines qui engendrent la guerre, des armes de destruction de pays et de sociétés, une inconscience d’enfants dans un monde de guerres. Ce qui engendre toutes ces peines qu’endurent les enfants de ce monde dans des pays en guerre a l’instar de la Syrie, Liban et d’autres pays. Un résumé de ce que l’on peut regarder chaque jour sur les différents supports des medias.

La deuxième partie appelée à juste titre « les rescapés » sur ceux qui ont survécus par une façon ou une autre. Pour cette partie l’artiste Noureddine Benhamed a utilisé des couvertures isothermiques que l’on utilise régulièrement dans des catastrophes naturelles ou humaines, il a  imaginé une sorte d’empreinte ou de trace laissées par ces rescapés qui ont été sauvés par le Samu, le croissant, ou la croix rouge. L’ensemble des œuvres peintes comme traces sur ces couvertures montrent les traces de ceux qui ont pu survivre et réussir le passage de l’état de souffrance vers celui de délivrance, mais avec des traces qui ne s’effaceront jamais.

La troisième partie « droit à la vie 1» le dit l’artiste Noureddine Benhamed : « j’ai fait des montages photos, depuis la toile mondiale,  je me suis inspiré par des photos qui circulaient sur la toile et qui m’ont bouleversé par leur malheur, j’ai essayé un travail de recherche en combinant entre ces photos et des grandes œuvres d’artistes peintres de renommée. Un collage entre photo et tableaux de peintre du siècle dernier.  De mon bouleversement de la beauté dégagée par ces tableaux vers celui de la peine dégagée par les photos du web.  C’était la façon la plus logique pour mieux exprimer mes joies et ma peine.

La quatrième partie «  droit à la vie 2 ». « C’est toujours avec le même esprit que celui de droit à la vie 1, mais sauf que cette fois si j’ai tiré des photos toujours depuis internet et mon intervention c’était selon mon feeling, le mouvement ou ce que dégage la photo, j’ai utilisé plusieurs matières, entre autres des feuilles d’or, et des feuilles d’argent », explique Noureddine Benhamed. Et d’ajouter : « La cinquième partie, la dernière, qui sera la fin pour tout le monde finalement, la mort nommée résidu, sauf que ces victimes sont morts deux fois: la première c’est involontairement par des guerres, des conflits géopolitiques, ou tout simplement par une dictature, la deuxième mort c’est par notre indifférence. C’était une mort involontaire mais pénible pour les morts et surtout pour nous, pour notre indifférence ».

L’exposition se termine par un texte en arabe de l’artiste peintre contemporain, fils de Maghnia, Lahbib Amri, qui parle de l’enfant comme charte de déchirés en cas de violations régulières, mais en cas de guerres, ces derniers sont considérés un profit pour ces créateurs de désastres vu leurs innocence et fragilité. C’est à eux de payer l’agression, cette dernière qui ne peut empêcher le pillage des droits élémentaires de ces enfants. Ils sont le fruit de la cueillette de la mort qui leur enlève le droit le plus simple : celui de la vie. Lors de cette exposition on se pose des questions telles que : cet enfant est-il destiné à être sacrifié ? Est-il coupable de par son innocence ? Il est clair qu’il y a quelque chose de plus que des mots dans ces tragédies terribles, l’intensité du sens des  images de la tragédie racontée le démontre, et une lueur d’espoir se dégage dans le travail de Noureddine Benhamed. Cette exposition est ouverte jusqu’au 15 juillet au palais des expositions Abdelkrim Dali de Tlemcen.

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