Pourquoi l’Algérie ne figure pas dans le classement Shanghai des meilleures universités du monde

Le classement Shanghai, le top 500 des meilleures universités du monde, a livré ce mardi 15 août, ses résultats et comme attendu, les habitués du haut du panier sont au rendez-vous : les universités-stars américaines de Harvard et Stanford et anglaise de Cambridge, le fameux Massachussets Institute of Technology, l’université californienne de Berkeley, Oxford, bref la crème du savoir mondial. Ce palmarès n’a quasiment pas évolué depuis 2003, date de la création du classement Shanghai. À ceux qui se demandent pourquoi ? Nous répondrons simplement : pourquoi voulez-vous que ça soit autrement?

Les grandes nations du monde, celles qui trustent les prix Nobel, enregistrent les meilleures performances économiques, réalisent le maximum de progrès social, y figurent toutes. Et elles sont présentes en masse dans d’autres classements équivalents.
Parmi les pays arabes et musulmans, seuls sauvent l’honneur (si on peut dire) la Turquie, l’Iran, l’Arabie saoudite par sa capacité financière à embaucher des enseignants de réputation mondiale, peut-être l’université du Caire.
Dans le domaine du savoir, il n’y a pas de miracle comme il n’existe pas d’esbroufe et de laissez-aller. Il n’y a pas de diplômes bradés ou offerts à titre gracieux. Il n’existe pas d’enseignements bâclés ou réduits à la peau de chagrin. Il n’y a pas de copié-collé.
Dans le domaine du savoir, il n’existe pas de considérations matérielles, de prise en compte du contexte politique ou social, de renoncement “indépendant de notre volonté”.
Dans le domaine du savoir, il y’a effort, l’étude, la motivation, il y’a la soif d’apprendre. Il y’a l’intelligence. Il y’a les nuits blanches. Il y’a le travail de fourmi.
Pourquoi l’Algérie ne figure pas dans ce classement Shanghai des meilleures universités du monde ? Selon un professeur d’université qui souhaite garder l’anonymat “la dégringolade de l’université algérienne a commencé à la fin des années 1970. Ce qu’on a appelé le processus de “l’algérinisation” de l’université a été mal conduit. Les pouvoirs publics ont décidé une “massification” des rangs des étudiants sans y mettre les moyens. Les enseignants sont en train de palier au plus urgent”.
“L’Etat a commencé à brader les diplômes dans les années 1990. Les enseignants sont démotivés et ne sont pas tous sérieux dans leur travail. Les modules se vendent et s’achètent parfois”.
“En sciences, les étudiants font leurs études en langue arabe au lycée et arrivent à l’université incapables de suivre les cours qui se font en français. La mise en place, il y’a une quinzaine d’années, du système du LMD qui était censé régler les problèmes de l’université algérienne, a été mal conçue et n’a rien changé sur le fond. En plus, du point de vue de l’opinion,  la science n’est pas une valeur sûre”.
Tout le monde comprend maintenant pourquoi notre pays, malheureusement, ne figure pas dans ce classement Shanghai des meilleures universités du monde.
Amine Bouali (algerie1)

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