L’écrivain Mohammed Dib, le journalisme organique et “la nationalité française” (lire la réaction de ses deux filles)

Certains faits et gestes renseignent parfois plus que des ouvrages sur la mentalité d’une époque et prennent même, avec le temps, une dimension tragi-comique.

En mars 1968, un journaliste du bureau de l’APS (Algérie Presse Service) de Tlemcen, a interviewé pendant 2 longues heures, l’écrivain Mohammed Dib qui effectuait une visite privée dans sa ville natale.
L’auteur de la  célèbre trilogie “Algérie” a parlé exclusivement de littérature avec le journaliste de l’APS. Il a évoqué ses différents projets, ses romans en chantier. Il a aussi confié son amour pour l’Algérie.
Après plusieurs jours d’attente et ne voyant toujours pas son entretien publié, le journaliste appela sa rédaction générale, à Alger, pour s’enquérir du sort réservé à son texte.
Mais quelle ne fut pas sa surprise lorsqu’il s’entendit rétorquer que l’interview qu’il avait réalisée “ne sera jamais publiée car Mohammed Dib avait la nationalité française!”.
Que faut-il penser après-coup de cette anecdote lorsqu’on apprend aujourd’hui que des cadres ayant exercé, ces dernières années, des responsabilités à Alger, étaient soit des bi-nationaux soit ont acquis, par la suite, une nationalité étrangère ?
Et surtout qu’a dû penser Mohammed Dib lui-même lorsqu’il a su que son interview où il déclarait son amour pour l’Algérie, a été censurée parce qu’il “était de nationalité française” ?
Amine Bouali. (algerie1)
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Selon le témoignage de ses filles, l’écrivain Mohammed Dib n’a jamais demandé la nationalité française 
Suite à notre article intitulé “l’écrivain Mohammed Dib, le journalisme organique et “la nationalité française”, les deux filles du célèbre écrivain, Catherine et Assia Dib, ont catégoriquement démenti que leur père ait jamais de sa vie demandé ou obtenu la nationalité française.     
Mohammed Dib, d’après le témoignage de ses filles, “avait uniquement un passeport algérien et vivait en France, depuis 1958 et jusqu’à sa mort en 2003, comme un Algérien, avec une carte de résident”.
En mars 1968, une interview de l’auteur de “Qui se souvient de la mer” a été censurée par l’APS car, selon le rédacteur en chef de l’époque de l’agence de presse, “Mohammed Dib avait la nationalité française”.  
Né le 21 juillet 1920 à Tlemcen et décédé le 2 mai 2003 dans son appartement de La Celle Saint Cloud (dans la région parisienne) Mohammed Dib avait gardé de son enfance tlemcenienne et son engagement pour la cause de son pays alors colonisé, une âme profondément algérienne.   
Catherine et Assia Dib rapportent que leur père avait tenu à offrir, en 1966, l’argent de son premier prix littéraire reçu en Algérie, le prix de l’Union des Écrivains Algériens (une récompense littéraire qui n’a été décernée qu’une seule fois) aux orphelins des martyrs de la guerre de Libération.
Amine Bouali. (algerie1)

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