La liberté d’expression, un combat à perdurer

CONSTANTINE- Exercice au quotidien, constituant l’essence du travail journalistique, la liberté d’expression demeure un débat passionnel qui alimente la société.

Et même si d’aucuns s’accordent à dire que la liberté d’expression en Algérie a franchi des pas, grâce aux sacrifices et à l’obstination des journalistes, beaucoup affirment que cette marge de liberté semble aujourd’hui, un concept vague, “malmené dans tous les sens”, estiment des journalistes, contactés par l’APS à la veille de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse.

La liberté d’expression, un devoir, un droit

Pour Nardjess Kermiche, rédactrice en chef du quotidien arabophone An Nasr, la liberté d’expression est “un devoir et un droit” dans la mesure où, appuie-t-elle, le concept de la liberté dans le journalisme réside dans le droit à l’information et sa publication, après vérification et “sans montage aucun”.

Pour cette journaliste, il est primordial que le journaliste distingue entre la liberté d’expression qu’il exerce dans son quotidien en tant qu’individu, exprimée à travers des positions et des opinions  et la liberté d’expression dans le cadre de son travail journalistique. “Dans le journalisme, pratiquer sa liberté d’expression est assurer d’une manière objective le droit à l’information aux citoyens”, souligne-t-elle, ajoutant que “l’information orientée ne peut refléter la liberté d’expression”.

De son côté, Lynda Nacer, chef du bureau régional du quotidien ‘‘Liberté’’ soutient que la liberté d’expression, “repose essentiellement sur la diversité et les antagonismes”, et commente que la liberté d’expression en Algérie demeure “à géométrie variable”.

Des interférences qui floutent le métier

S’accordant à dire que le journalisme est régi par une  déontologie professionnelle dans laquelle toute la réglementation dans ce domaine doit être respectée, la rédactrice en chef du quotidien An Nasr soulève que “beaucoup d’interférences” ont fait dévier le journalisme de son essence.

Elle cite le niveau de formation journalistique “amoindri” et la “mainmise” des détenteurs de capital sur le secteur de l’information comme “les inhibiteurs” à l’épanouissement du métier et souligne que la formation est devenue “le dernier souci’’  pour beaucoup d’éditeurs, même ceux qui ont pratiqué le journalisme pendant des décennies.

Mme Kermiche qui comptabilise 18 ans d’expérience dans le domaine de journalisme du terrain avoue également que le focus sur certains sujets dans la majorité des titres de presse et des chaînes de télévision a donné à la presse le cachet d’une “presse à scandale et à sensation” qui donne, selon elle une image “floue” d’une société présentée comme “agressive, et frappée de crises”.

Pour le directeur de publication du “Le Quotidien de Constantine”, Samir Bouzidi, la liberté d’expression demeure “relative, biaisée et parfois même domestiquée”. Pour ce journaliste la liberté de la presse reste “un idéal, un combat utile à mener”.

Toutefois, Nardjess, Lynda et Samir se rejoignent pour affirmer que célébrer la liberté de la presse est “une halte nécessaire pour évaluer la profession, alerter les décideurs et sensibiliser l’opinion publique quant au sacrifice de ces femmes et  hommes de la presse  engagés pour mettre à la disposition de la société un produit informationnel crédible”.

Pour ces professionnels du métier,  le 3 mai de chaque année est surtout une journée “pour se souvenir  des  journalistes qui ont perdu leur vie dans l’exercice de leur profession”.

  1. Bouzidi, souligne qu’ ils sont nombreux en Algérie, les journalistes victimes de la horde sauvage et de l’obscurantisme, et commente: “ces journalistes assassinés appartiennent au long cortège de tous les martyrs qui ont donné leur vie pour l’Algérie et nous les oublierons pas”.

Autant dire que le combat pour la liberté de la presse doit continuer!.

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