Les maladies du travail posent problème

La médecine du travail est une spécialité médicale qui concerne la prévention des atteintes à la santé des travailleurs (accidents du travail, maladies professionnelles).

Cette discipline pratiquée au sein du centre hospitalo-universitaire (CHU) de Tlemcen dans un cadre législatif, réglementaire et organisationnel bien défini vise à supprimer les facteurs de risque, surveiller la santé du travailleur en fonction de son âge et de son milieu de travail et minimiser les conséquences du travail sur la santé.

En 2017, près de 14.417 salariés d’entreprises et d’établissements publics et privés ont été consultés au niveau de ce service, a-t-on appris auprès du chef du service de médecine du travail du CHU de Tlemcen, Pr Taleb Abdesselam. Ce suivi médical individuel qui s’appuie sur différents types d’examens et visites médicales, a décelé 247 cas d’hypertension artérielle, 382 cas de troubles musculo-squelettiques et 116 cas d’affections cardiovasculaires, a ajouté notre source qui tire la sonnette d’alarme sur le stress au travail qui contribue beaucoup à la survenue de ces maladies dites de charge et sur les troubles musculo-squelettiques liés au travail.

«Les atteintes douloureuses des muscles, des tendons et des nerfs. Le syndrome du canal carpien, la tendinite, le syndrome du défilé thoraco-brachial et le syndrome de la tension cervicale sont des exemples que nous rencontrons dans beaucoup de cas. Notre souhait est que la sécurité sociale intègre dans le tableau des maladies professionnelles ces troubles musculo-squelettiques qui évoluent rapidement, sans oublier bien sûr l’élaboration de stratégies de prévention de ces maladies qui sont attribuables à une sur-utilisation des parties susmentionnées du système musculo-squelettique. Les activités professionnelles fréquentes et répétitives ou les activités qui s’effectuent dans une posture qui n’est pas naturelle sont responsables de ces lésions, et la douleur peut se manifester au travail ou au repos. La plupart des troubles musculo-squelettiques touchent les mains, les poignets, les coudes, le cou et les épaules. Les jambes peuvent aussi être touchées lorsqu’elles sont sollicitées au travail, de même que les hanches, les chevilles et les pieds. Certains problèmes de dos sont également attribuables aux activités répétitives», a précisé le chef du service de médecine du travail du CHU de Tlemcen.

Outre les visites médicales obligatoires périodiques (au minimum tous les ans en général) effectuées sur les salariés, le service de médecine du travail du CHU de Tlemcen, créé en 1986, doit aussi conseiller les employeurs afin d’améliorer les conditions de travail et diminuer les risques professionnels. Dans ce cadre, il peut être amené à effectuer des visites sur les lieux de travail. Il réalise des enquêtes épidémiologiques propres aux risques professionnels. Selon Pr. Taleb Abdesselam, «ce type d’enquête vise à connaître à un moment donné des informations ou des données concernant une population du milieu professionnel. Ces enquêtes se déroulent en général pendant une période courte et donnent une image instantanée du phénomène étudié dans cette population. On les appelle souvent, pour cette raison, enquêtes transversales, car elles réalisent en quelque sorte une coupe du phénomène à un moment précis. Une enquête transversale est moins coûteuse et son délai plus court. Il y a aussi les enquêtes étiologiques. L’enquête ‘exposés et non exposés’ a pour objectif de vérifier l’hypothèse d’une relation causale entre l’exposition à un facteur de risque et la survenue d’un problème.

Pour juger du fait que l’exposition au facteur étudié modifie l’incidence de la maladie, on utilise un indice épidémiologique appelé risque relatif qui permet de comparer l’incidence dans les groupes des sujets soumis à des expositions différentes. On veut comparer deux groupes de sujets, les uns étant exposés au facteur étudié, les autres ne l’étant pas. Le risque relatif est le rapport de l’incidence dans le groupe exposé et de l’incidence dans le groupe non-exposé. Pour plusieurs raisons, une enquête ‘exposés et non exposés’ peut être non réalisable, on peut utiliser un modèle alternatif : l’enquête cas-témoins. Il s’agit de sélectionner un groupe de sujets atteints de la maladie étudiée : les cas et groupes de sujets indemnes de cette maladie, les témoins. Pour chacun des sujets de l’enquête, on va chercher des informations concernant l’exposition aux facteurs de risque dans leur passé. Ces enquêtes sont appelées enquêtes rétrospectives, car l’évènement étudié ou la maladie est déjà survenue quand on cherche l’exposition antérieure au facteur de risque. Et donc on compare l’exposition au facteur de risque chez les cas et chez les témoins », a notamment souligné Pr Taleb Abdesselam.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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