Avec des millions d’utilisateurs en Algérie, les réseaux sociaux menacent-ils la presse ?

La presse conventionnelle est-elle menacée par l’émergence des réseaux sociaux ? C’est cette problématique qu’a développée Laïd Zaghlami, docteur en communication, spécialiste des médias de son état, qui, en abordant les mutations qui caractérisent le paysage médiatique, a préconisé une stratégie pour un bon usage de Facebook qui compte plus de 16 millions d’utilisateurs en Algérie.

“Quelque chose de dramatique se produit dans le paysage médiatique mondial, dans la sphère publique et dans l’industrie du journalisme, presque sans que personne le remarque et, surtout, sans susciter le niveau d’examen public et le débat qu’il mérite”, relève le conférencier, tout de go.
Il s’agit d’un changement spectaculaire de notre écosystème d’information et de communication, marqué notamment par des progrès énormes en matière de capacité technique, a indiqué le spécialiste des médias lors d’une conférence animée jeudi, dans le cadre de la série des formations dispensées par Ooredoo.

Il a ainsi décrit un changement de paradigme dans la communication, notamment une migration vers le mobile, guidé par la suprématie américaine à travers le quatuor Gafa (Google, Amazone, Facebook et Apple). Il a estimé, à ce propos, que le réseau social Facebook, dont il est question dans sa conférence intitulée “Les réseaux sociaux et l’information : atouts, enjeux, controverses et défis”, a acquis une portée bien plus grande que toute autre plateforme sociale, au point de devenir dans certains pays, comme le Canada, la première source d’information devançant de loin les médias conventionnels, avec plus de 2 milliards d’utilisateurs. Facebook concurrence directement le journalisme, a noté l’orateur, en citant la célèbre journaliste britannique Emily Bell, “les médias sociaux et à leur tête Facebook, n’ont pas seulement avalé le journalisme, ils ont tout avalé”. Son utilisation n’est pas sans danger, elle est la source aussi bien des fakenews (fausses informations) et des rumeurs, que de cybercriminalité, qui est posée non seulement en Algérie, mais à travers le monde.
Cette plateforme qui gère 2 milliards d’utilisateurs, est même coupable de servir de moyen d’influence à même de changer la carte géopolitique dans le monde, indique Laïd Zaghlami, qui rappelle à ce propos, le scandale de “Cambridge analytica” où ce réseau a réussi à avoir les profils de 50 millions de ses utilisateurs qui ont été utilisés pour influer sur les électeurs américains. Quelle est la place de ce réseau social en Algérie, où il compte 16 millions d’utilisateurs ? Constitue-t-il une menace pour les moyens d’informations classiques, notamment la presse écrite ? Aussi, pour parer à ses effets négatifs, l’intervenant préconise une stratégie suivant laquelle la presse doit se résoudre à de la résistance “résilience journalism”, en revoyant la pratique de l’information dans le fond et dans la forme, de sorte que le citoyen y voit son image.

Liberté

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *