Mises en garde contre le braconnage

Le directeur général des forêts, Mahmoudi Ali, a appelé, hier à Tlemcen, les responsables des conservations des forêts, des parcs nationaux, des réserves de chasse, des centres cynégétiques, des associations de chasseurs, ainsi que les acteurs de l’environnement à coordonner leurs efforts en vue de mener une lutte implacable contre les braconniers des faunes sauvages dans notre pays.

«La situation nous inquiète énormément, car le braconnage est en train de décimer la faune algérienne, notamment les mouflons à manchette, les gazelles à cuvier, les lièvres, les perdrix, le porc-épic, le renard, etc., il faut redoubler de vigilance pour stopper le déclin de ces espèces sauvages, qui sont aujourd’hui en danger à cause aussi du changement climatique, la sur-fréquentation des sites et les activités humaines», a averti le DG des forêts qui a donné le coup d’envoi de deux opérations au niveau de la réserve de chasse de Moutas et des forêts environnantes de pré-lâchers d’un noyau de six individus de gazelles de cuvier et de dix individus de Mouflons à manchette du centre cynégétique de Tsarifet.

Le même responsable qui avait fait spécialement le déplacement pour s’enquérir du programme de réintroduction du mouflon à manchettes et de la gazelle de cuvier au niveau du centre cynégétique (point focal) et le massif de Moutas, a estimé, en présence du wali de Tlemcen, Benyaiche Ali, et du conservateur de Tlemcen, Kazi-Tani Said, que «c’est dans ce contexte alarmant que la direction générale des forêts a mis en œuvre un programme phare pour la préservation, le repeuplement, le développement et la réintroduction de la faune. Ce programme doit mobiliser toutes les entités territoriales d’intervention à travers les 04 réserves de chasse, 08 parcs nationaux, 02 centres cynégétiques et les 48 conservations de forêts. Des conventions ont été également signées entre notre direction générale des forêts, la gendarmerie nationale et la fédération nationale des chasseurs afin de lutter contre le braconnage».

Tirant la sonnette d’alarme sur la disparition des espèces menacées dans certains monts d’ici quelques années si rien n’est entrepris, M. Mahmoudi a révélé à la presse que récemment dans la région d’El Oued, des braconniers ont été arrêtés en flagrant délit de chasse sauvage des mouflons à manchette.

Actuellement près de 120 mouflons à manchette et une quarantaine de sujets de cerf daim vivent dans la réserve de chasse de Moutas qui s’étend sur plus de 2 000 hectares clôturés. Un autre troupeau vit dans la nature entre les localités d’El Gor et Saâdnia. Pour la gazelle de cuvier, un couple a été multiplié et actuellement une quarantaine de sujets vivent dans le centre cynégétique de Tsarifet. «C’est la première opération phare de pré-lâcher de gazelle de cuvier ou de montagne dans son aire naturelle à travers le territoire de la semi-captivité pour la survie de l’espèce.

Prochainement, d’autres couples de gazelle seront transférés vers la réserve de chasse de la Mare d’eau de Sig», a fait savoir le conservateur des forêts de Tlemcen.

Et d’ajouter que « le centre cynégétique de Tlemcen a notamment pour mission dans le cadre du programme de réhabilitation de la gazelle de cuvier, l’identification et préservation des habitats naturels de la gazelle de cuvier existant en Algérie, l’établissement des plans d’action relatifs à la conservation de la gazelle de cuvier, la contribution à la restauration de la gazelle de cuvier et la création d’aires protégées, l’élaboration des plans de gestion concernant les aires protégées abritant la gazelle de cuvier, le soutien des projets conjoints de recherche sur l’écologie, l’éthologie et la dynamique des populations de la gazelle de cuvier, l’élaboration des programmes de formation à l’échelle nationale et internationale dans le domaine de la conservation des espèces d’ongulés en voie de disparition, l’organisation des campagnes de sensibilisation en collaboration avec les conservations des forêts, parcs nationaux et réserves de chasse, l’organisation des journées d’étude et de séminaires à l’échelle nationale et aussi pour assurer la liaison entre les homologues tunisiens et marocains, le point focal national de la cellule de réhabilitation de la gazelle de cuvier et les organisations internationales».

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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