Mobilisation pour la libération d’un journaliste algérien arrêté au Maroc

Rif-Parmi les arrestations annoncées ce week-end à Al Hoceima, au nombre de 22 selon les sources officielles, plus nombreuses selon les associations de défense des droits de l’Homme, figure celle d’un journaliste algérien. C’est El Watan, le quotidien pour lequel il travaillait, qui a annoncé son arrestation.

“Les forces de sécurité marocaines ont interpellé, hier dimanche, vers 22h00, le journaliste d’El Watan Djamel Alilat alors qu’il couvrait les manifestations dans la région du Rif (Nord du Maroc)… Notre journaliste se trouve, à l’heure où nous mettons en ligne, dans un commissariat de la ville de Nador”, raconte le journal.

Dans un communiqué, la direction du journal s’est dite “très étonnée et très préoccupée par cette interpellation” et demande la libération du journaliste.

Bouzid Ichalalene, ancien collègue et ami du journaliste arrêté, confirme en effet au HuffPost Maroc que le journaliste Djamel Alilat est “actuellement dans un commissariat à Nador. Il devait assurer la couverture des événements Rif”.

Dans un deuxième article, El Watan raconte comment le quotidien a été informé de l’arrestation.

“Votre confrère a été arrêté hier à 22h30 (la soirée du dimanche, ndlr) par la police marocaine à Nador, alerte, en message privé, sur les réseaux sociaux, un citoyen algérien établi à Rabat. Cette personne est, en réalité, le premier contact qu’avait Djamel Alilat avant de se poser sur le sol marocain où il était chargé par notre journal de couvrir les manifestations dans la région du Rif. Mais comment vérifier une information qui tombe à une heure tardive du deuxième jour du ramadan? Notre contact prend l’initiative de nous mettre en lien avec les amis de notre confrère dont ceux qui l’ont accueilli la nuit du samedi à Rabat avant de gagner Nador où une action était prévue pour la nuit du dimanche”, rapporte le journal algérien.

“Effectivement, Djamel a passé la nuit chez moi avant-hier (la nuit du samedi, ndlr). C’est moi-même qui l’ai mis en contact avec des militants rifains de la région du Nador. Il a été interpellé par la police en compagnie de l’un d’eux, lors de la manifestation organisée dans la soirée d’hier dans cette région du nord”, affirme notre source, de nationalité marocaine”, poursuit El Watan.

Mobilisation pour sa libération

El Watan annonce que le directeur de publication, Omar Belhouchet, a pris contact avec les ministères des affaires étrangères et de la communication et des organisations locales comme Reporters sans frontières. “Jusque-là, la seule information que nous détenons, c’est celle qui a rapport avec le coup de téléphone passé à 5h du matin par Djamel Alilat à son ami marocain du Rabat. Selon ce dernier, “Djamel Alilat lui a demandé d’alerter l’ambassade d’Algérie au Maroc”.

“Je viens d’avoir son frère qui est aussi journaliste pour Jeune Afrique, et il me dit que, pour le moment, il n’y a aucune nouvelle”, ajoute Bouzid Ichalalene.

Reporters Sans Frontières Afrique du Nord a demandé la “libération immédiate” du journaliste.

Par Camille Bigo

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