Mois du patrimoine : Le couscous Kabyle à l’honneur

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Par Khaled Boumediene

Le mois du patrimoine organisé sous le thème « Patrimoine culturel et valeur économique » sera clôturé cette année par la troisième édition du salon national du patrimoine, qui s’est ouverte hier au centre des arts et expositions de Koudia à Tlemcen et ce en présence du secrétaire général de la wilaya, Amieur Mohamed. Hautement parrainée par  le ministre de la culture Azzedine Mihoubi, cette manifestation économico-culturelle, qui se déroule les 16, 17 et 18 Mai 2016, revêt un caractère particulier pour toute la région de Tlemcen et le pays en général. Elle est particulièrement destinée aux professionnels de l’art culinaire et producteurs du secteur agro-alimentaire. Ainsi, près de 120 participants ont installé hier leurs stands dans le vaste hall du CAREX. Selon le directeur du CAREX de Tlemcen, Amine Boudefla, ce salon organisé par le secteur de la culture, aura comme thématique « Le couscous patrimoine national ». En marge du salon, divers forums et rencontres seront organisés sur un espace dédié au public, autour de plusieurs plateaux consacrés à la préparation culinaire de diverses régions du pays dont la plus connue au Maghreb, le couscous.

Les spécialistes s’intéresseront également à divers aspects culturels liés à un plat de couscous, plat national du pays. « Ce rendez-vous national mettant en relief une partie des patrimoines matériel et immatériel de notre pays, se déroule selon trois volets essentiels, à savoir l’exposition de photos artistiques, et de plusieurs artistes photographes, inspirée de diverses occasions ayant trait aux waadates, mariages et cérémonies de fête, ainsi, que l’exposition d’anciens ustensiles artisanaux de cuisine utilisés dans la préparation et la présentation du couscous tels que le couscoussier, la louche à couscous, la Gsââ, Ghorbel, Keskes, Tbeck. Une communication pédagogique sous le thème « Couscous tourat Bladi » est également programmée », a souligné le directeur du CAREX. Certains spécialistes sont venus même de France, à l’image de Seddi Mohamed, consultant formateur et Rachida Ziouche, auteure, qui ont souligné à notre journal, qu’il est temps que le couscous algérien, qui compte quelque 300 types de variétés diverses, retrouve dans l’art culinaire mondial et soit inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Par ailleurs, des conférences seront organisées lors de ce salon portant sur l’Algérianité du couscous, le couscous aux origines millénaires, le couscous comme patrimoine culturel et le couscous comme valeur économique. Sur le plan des animations, un espace sera dédié et ouvert au grand public. Des associations présenteront leur plat de couscous.

Deux espaces l’un pour la dégustation de différentes recettes du couscous et l’autre pour l’échange et le partage, seront prévus pour les nombreux visiteurs et spécialistes des mets culinaires traditionnels dont le couscous, en tant qu’élément d’identité de l’Algérie à travers les siècles. De nombreux visiteurs venus de Béni-snous, Nedroma, Sebdou, Maghnia, Ghazaouet, Ain Tellout et du grand Tlemcen (Mansourah, Chetouane et Tlemcen) ont pu déguster le bon couscous ancestral de la bénédiction qui remonte à l’Algérie la numidienne, grenier à blé de Rome, pourvoyeuse en céréales de la France impériale. « Le couscous réunit les sensibilités diverses, parce qu’il reflète l’histoire de nos us et coutumes. La tradition, plusieurs fois séculaire, légitime le couscous dans toutes ses saveurs et ses goûts. Le couscous aux sept légumes faisait partie des offrandes que les Berbères mettaient pour célébrer Yennayer. II y a aussi la préparation du couscous aux gros grains cuits avec des pieds du bélier ou de veau égorgé à l’occasion de l’Aïd El-Kébir », nous dira un exposant de Tizi-Ouzou. D’autres visiteurs été émerveillés par le   couscous de la région de Béni-Snous, Boussaâda, et de Jijel, qui est préparé uniquement par de la farine issue des glands de chêne-liège dans la région ouest à El Aouana. Les gens du littoral comme à Ghazaouet et Collo ont la spécialité du couscous au mérou. On l’appelle Seksou en Kabylie, Tabetbouchet dans les Aurès, Tâam chez les Ouled-Naïl, lemhawar cher les gens de Mila et Naâma chez ceux de Constantine. L’ouest du pays est surtout connu par son mesfouf, sucré aux miels et raisins secs, au secffa avec beurre, raisins secs, cannelle, fleur d’oranger et amandes mondées, dégusté surtout au s’hour du Ramadhan.

 

 

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