Le moustique, un véritable cauchemar

Si des pluies abondantes ont frappé la région de Tlemcen durant l’hiver et le printemps, les conséquences de la prolifération des moustiques sur les habitants sont irréversibles. En effet, alors que les températures sont en hausse en ce mois de juin, une prolifération inhabituelle a été observée dans de nombreuses localités de la wilaya.

Si l’on ne dispose pas pour le moment d’assez d’informations sur le type de ces insectes, une chose est sûre, c’est que de nombreux citoyens se sont dirigés ces derniers jours vers des pharmacies pour demander des remèdes contre des piqûres de moustiques.

Ce phénomène est beaucoup plus ressenti au niveau des agglomérations entourées d’eau ou d’anciens marécages, traversées par des oueds, ou qui comportent des canalisations d’eaux usées superficielles, qui constituent de véritables «gîtes larvaires» et nids à moustiques qui permettent la prolifération de ces moustiques par milliers, à l’image des villes de Maghnia, Sebdou, Tlemcen, Mansourah, Chetouane, Hennaya, Ghazaouet, Ouled Mimoun, Bensekrane et Marsat Ben M’hidi où ces insectes piqueurs pullulent jour et nuit pendant la période de la canicule.

«A ma connaissance, depuis 20 ans ça ne m’a jamais dérangé plus que ça, mais cette année c’est devenu vite impossible à supporter. Nous avons du mal à s’endormir pendant une heure voire plus, et certaines personnes ne peuvent pas se permettre d’acheter un climatiseur, d’autres ne le supportent pas. C’est pourquoi, quand il fait chaud, souvent nous laissons les fenêtres ouvertes toute la journée et à un moment donné, les moustiques pourront entrer dans l’appartement ou maison et nous piquer parfois une dizaine de fois. Tout ce que l’on demande c’est que les responsables concernés mènent au moins une campagne de démoustication car vraiment nous souffrons de ces espèces envahissantes», nous a affirmé un habitant d’Imama. Pour sa part, un habitant de Hennaya nous a indiqué que cet insecte «agressif» pour l’homme constitue une menace pour les bébés.

«Ces insectes ce sont des principaux vecteurs de maladies virales, et pas plus que la semaine dernière, j’ai dû évacuer mon enfant en urgence à l’hôpital de Tlemcen à cause de fièvre et douleurs articulaires. Ces insectes pullulent à Hennaya à cause de ce grand oued d’eaux usées et ménagères qui traverse la ville. L’hiver et le printemps ont été très doux, ce qui a permis aux œufs pondus durant l’automne de survivre jusqu’au printemps et ainsi de pouvoir reprendre leur cycle d’évolution. Cet oued est un vrai danger pour la population, car c’est le fief des moustiques, des serpents et des rats».

Pour lutter contre les moustiques, de nombreuses personnes recourent aux pièges à moustique, des pastilles naturelles à disséminer dans l’appartement ou des remèdes anti-moustiques de maison.

Pour un propriétaire d’une officine pharmaceutique de Tlemcen, «les conditions météo sont certes derrière cette situation, car tout dépôt d’eau constitue un fief pour cet insecte par sa piqûre qui peut nécessiter des anti-inflammatoires et parfois même des corticoïdes, mais il y a aussi les saletés, les égouts superficiels, les décharges et les zones infestées. Ces parasites qui se nourrissent de notre sang, provoquant rougeurs et démangeaisons, sont une véritable plaie pour les citoyens. Je conseille aux citoyens de couvrir les lits, berceaux ou poussettes de leurs bébés et enfants et de protéger leurs visages contre les moustiques».

Il est temps que les services concernés se penchent vraiment sur ce problème qui agace tous les habitants. Un été sans moustiques est-ce un rêve ?

Khaled Boumediene (Quotidien d’Oran).

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