La musique andalouse en deuil

L’illustre musicien du chant andalou nedromi, Hadj Mohamed Taleb Benamar, dit Ould Echikh El Miloud, qui a enchanté plusieurs générations, a été inhumé dimanche au cimetière de Sid El Bedjaii à Nedroma où repose son père Chikh El Miloud et son maître Si Driss Benrahal. C’est un monde fou qui a envahi la Mosquée « Sidi Yahia » de la ville des Mouahidine pour rendre un ultime hommage à cet artiste, décédé à l’âge de 78 ans après une longue maladie. En effet, une longue file s’est formée par des habitants, notamment des jeunes venus de tous les quartiers de la ville et des agglomérations environnantes de Nedroma. Ils ont accompagné la dépouille jusqu’au cimetière.

«C’est avec une vive émotion et une immense tristesse que nous avons appris la disparition de Cheikh Hadj Mohamed Taleb Benamar», a indiqué Chaib Hamou, cadre retraité de l’éducation. Rappelons que lors de la dernière édition du festival de la musique hawzi organisée cette année à Tlemcen, un grand hommage lui a été rendu pour la première fois avec la présentation d’une vidéo retraçant le parcours de ce grand maître de la chanson andalouse nedromie. Très connu par son jeu du mandole au sein du célèbre groupe de Si Driss Benrahal et Cheikh Mohamed Ramdani, le défunt a toujours brillé au cours de son long parcours musical très riche en drainant la foule lors des soirées musicales inoubliables organisées à Nedroma, mais aussi à Tlemcen, Oran, Blida, Alger et Constantine.

Il s’est initié au mandole à l’âge de 12 ans pour se spécialiser ensuite dans le luth, le chant andalou nedromi et la chanson orientale. El Hadj Mohammed Taleb forma son premier groupe à l’époque plus précisément en 1963, avec Cheikh Ahmed Tikouk Mghayet, Menouar Djebbar, Mohamed Laghmari et plein d’autres artistes de Nedroma.

Selon le directeur du CAREX de Tlemcen, Boudefla Amine (enseignant-chercheur à l’université de Tlemcen, natif de la région de Nedroma), le regretté a hérité de son père cet art musical, un amoureux de ces chants andalous nedromis.

Aujourd’hui, ce sont ses enfants et petits-enfants qui bénéficient de son legs inépuisable pour devenir des musiciens de talent.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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