Nouvelle gare routière : colère des usagers

Depuis la mise en service de la nouvelle gare routière, dimanche dernier, et la réorganisation du réseau d’autobus, les habitants des agglomérations, situées dans la périphérie de la ville de Tlemcen, n’ont pas apprécié les nouvelles mesures de suppression des lieux et points de stationnements d’autobus, préconisés par la direction des Transports dans le grand Tlemcen (Mansourah, Chetouane et Tlemcen).

Si les services des Transports misent sur l’amélioration de la qualité de service et le désengorgement des zones urbaines du grand Tlemcen, la colère n’en est pas moins vive. En effet, des habitants de Hennaya, Remchi, Ain Youcef, Zenata, Béni-Mester, Sabra, Zelboun, Amieur, Bensekrane, Terny, Sebdou, Béni Snous, Nedroma, Honaine, Ghazaouet, et Chetouane, sont sur le pied de guerre, sur les réseaux sociaux, pour faire signer une pétition réclamant le retrait de la décision de supprimer les points de stationnements de bus et de taxis desservant leurs localités.

«Nous sommes vraiment frustrés et pénalisés par cette nouvelle réorganisation ! Nous refusons la suppression des lieux de stationnement. Avant, on ne payait que 25 dinars le ticket pour se rendre, en bus à Tlemcen, maintenant, ils nous obligent de passer par la nouvelle gare routière d’Abou Techfine, et de prendre un taxi de la ville à 150 dinars.

On perd beaucoup de temps, et c’est très cher. Ils pensent améliorer les transports, mais ce n’est là qu’une nouvelle dégradation du service public, au détriment des usagers. Ces choix irréfléchis vont à l’encontre d’une politique de développement durable, et ne tiennent compte ni des exigences de santé publique ni de sécurité. Il y a beaucoup de personnes âgées, de mamans avec poussette, de personnes handicapées et de personnes malades chroniques, qui se rendent, quotidiennement, à Tlemcen pour se soigner, mais, avec cette mauvaise alternative ça devient très compliqué pour elles et même pour les fonctionnaires et les étudiants qui vont payer beaucoup plus cher des trajets plus longs, avec cette correspondance de la gare routière pour se rendre à Tlemcen», se sont plaints plusieurs habitants de Remchi.

Des étudiants de Hennaya ont de leur côté exprimé leur-ras-le bol : «d’habitude, les bus du COUS nous ramènent le soir, après la sortie des cours, à Haï Zitoune, qui n’est d’ailleurs pas loin du lieu de stationnement de Kebassa. Maintenant, on ne sait plus quoi faire. Où trouve-t-on le bus pour aller à la nouvelle gare routière d’Abou Techfine ? Quand est-ce que nous allons rentrer chez nous, en hiver, nous reposer et faire nos devoirs? Nous sommes dégoûtés d’aller à l’université !».

L’inquiétude de ces étudiants de Hennaya est partagée par des centaines d’étudiants des autres localités qui se sont retrouvés dans la même situation et souhaitent un plan pour mieux répartir la desserte des bus en fonction de la situation géographique de leurs communes. D’autres citoyens de Remchi ont ajouté : «dans toutes les villes du monde, on réserve des lieux de stationnement de bus pour les habitants des banlieues pour se rendre au centre-ville. Tandis que les gares routières desservent les lignes les plus éloignées et inter-wilayas».

Des arguments que le directeur des Transports, M. Attar Noureddine, entend difficilement. «L’ancienne gare routière non classée de Mechekana a été délocalisée, sauf pour les destinations d’Ouled Mimoun, Ain Tellout et Oued Lakhdar. De même, nous avons délocalisé le lieu de stationnement de Kebassa, qui assurait les liaisons des daïras de Hennaya, Remchi, Honaine, Ghazaouet et Nedroma. Les points de stationnement de la gare ferroviaire qui desservait Sidi Bel Abbes, Saida et Chlef, et celles de Sebdou (près de l’hôpital), de Béni-Snous, Sabra et Béni Mester (près du stade des Trois frères Zerga), ont été aussi supprimés. Les moyens de transport urbain ont été renforcés pour desservir les lignes A, B, C et D, qui desservent Haï Zitoune, l’hôpital, le centre-ville, Ras el b’har, Oudjlida, Koudia, Chetouane et Mansourah.

Je rassure tous les habitants que nous avons mis en place des bus de 100 places pour assurer la liaison de la nouvelle gare routière d’Abou Techfine, au centre-ville de Tlemcen. Peut-être que l’information n’a pas bien circulé sur ces mesures, mais je tiens à rassurer tout le monde sur la disponibilité d’autobus dans la nouvelle gare routière, pour prendre en charge ce problème de déplacement des citoyens vers le centre-ville. D’ici quelques jours, tout va rentrer dans l’ordre.

C’est vrai, nous avons quelques difficultés avec les chauffeurs des lignes intercommunales de Bensekrane, Béni Mester et Sabra, et ceux de la ligne inter-wilaya de Sidi Bel-Abbes, qui refusent de regagner la nouvelle gare routière, mais des réunions sont envisagées pour les convaincre à rallier la nouvelle station qui dispose de toutes les commodités».

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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