Oued «Galian» montré du doigt à Hennaya

«Ça sent mauvais ! C’est invivable, on n’en peut plus !». « Les rejets d’eaux ménagères, de cet oued très pollué constituent un grand danger pour nos familles et nos enfants. Nous avons vraiment peur de la propagation des maladies, notamment du choléra, car nos enfants passent leur temps près des virus, des microbes et des bactéries collant dans les berges de ce chenal superficiel dans lequel s’écoule un flux d’eau continu et souillé par les substances organiques des centres urbains, les substances toxiques et chimiques des rejets du CHU de Tlemcen, les détergents synthétiques des stations de lavage, et les hydrocarbures des stations d’essence situées en amont de ce bassin versant ».

Ce sont des propos de riverains, excédés et inquiets, de Hennaya (10 kilomètres au nord du chef-lieu de Tlemcen), résidant tout près de l’oued « Galian » qui longe la ville du sud au nord, qui nous ont contactés pour raconter à quel point ces nuisances pèsent sur leurs conditions de vie, et dénoncer ces odeurs insupportables subies depuis des décennies.

Outre ces odeurs qui irritent les narines, ces riverains soulignent que « les bords de l’oued se trouvent jonchés, sur plus de 3 kilomètres, de rats, serpents, et de monticules de déchets, ordures et plantes envahissantes, faisant remonter un stock gigantesque de toutes sortes de saletés et de plastiques, provenant des dépotoirs des bas-côtés de l’oued et des petites décharges qui s’y trouvent ».

Depuis que l’épidémie de choléra est apparue dans quelques régions du pays, ces riverains font preuve d’une grande vigilance concernant ces eaux contaminées et menaçantes. Il faut dire qu’avec l’explosion démographique et le développement industriel qu’ont connus les zones nord de la ville de Tlemcen, cet oued a enregistré une augmentation considérable de son volume d’eaux domestiques et industrielles.

Pour ces habitants, «aucune mesure n’a été prise par les responsables concernés concernant les risques de pollution pour les éliminer ou diminuer leurs effets nocifs ou gênants. Ces eaux polluées sont utilisées par certains fellahs pour l’irrigation de leurs terres agricoles qui font partie du périmètre d’irrigation de M’Kacem.

Cela fait longtemps qu’on entend parler du projet d’épuration pour purifier ces eaux mais en vain. Il faut réagir et réfléchir à des solutions avant que ça soit trop tard ! Beaucoup de voisins ont vendu et fui cet endroit pollué ». Ainsi, ces eaux dégradent, selon eux, l’environnement et la nature, se répercutent sur la santé et entraînent une perturbation de l’écosystème dont les conséquences sont énormes.

Selon un ingénieur agronome de la région, le problème n’est pas dans le recours abusif de l’utilisation des eaux usées par des fellahs pour irriguer leurs terres, mais plutôt dans l’absence d’équipements de traitement et de filtration de ces eaux qui sont systématiquement déversées librement sans contrôle dans la nature.

En outre, le ruissellement de ces eaux infectes et déchets peuvent affecter dans leur passage les nappes phréatiques avoisinantes. Ces derniers jours, un montant d’un milliard de centimes a été dégagé selon les autorités locales de Hennaya, pour nettoyer les berges de cet oued, mais cela reste insuffisant par rapport à l’ampleur du stock de déchets et aux émanations infernales des rejets polluants sur tout le parcours de l’oued.

Il faut rappeler que lors d’une campagne électorale présidentielle précédente, un sénateur est venu sur place en compagnie des responsables locaux de son parti promettre aux riverains l’aménagement total de cet oued. Depuis, ces familles prennent leur mal en patience et attendent que ces promesses soient concrétisées.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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