Le pharmacien ne veut pas être réduit à un «simple épicier»

Le président du conseil national de l’ordre des pharmaciens (Cnop), Dr Lotfi Ben Bahmed, a dénoncé jeudi à Tlemcen les amendements de la Loi sanitaire présentés par la commission de la santé, des affaires sociales, travail et formation professionnelle de l’assemblée populaire nationale (APN), qui « remettent en cause les fondements de la profession et les évolutions de l’exercice pharmaceutique intégrées dans ce projet de Loi ».

Intervenant lors de la 5ème journée pharmaceutique nationale organisée par le conseil régional de l’ordre des pharmaciens de Tlemcen (qui englobe Aïn Témouchent, Saïda et Sidi Bel Abbès) à l’hôtel Renaissance, Dr Ben Bahmed a appelé les députés de l’APN à « rejeter les amendements de la commission qui réduisent à néant les efforts déployés pour la mise en place d’une Loi sanitaire moderne et consensuelle, seule à même d’assurer la protection et la promotion de la santé publique », soulignant que « l’annulation de l’alinéa stipulant que le pharmacien doit être unique propriétaire et unique gestionnaire de la pharmacie dont il a la responsabilité sur l’article 259, livrera la profession aux trabendistes et autres hommes d’affaires qui essaient de gangrener la profession depuis de longues années, car la suppression du monopole aux pharmaciens laissera la possibilité de la création de chaînes de pharmacies qui en cas de difficultés économiques aggravera la problématique de la disponibilité des produits pharmaceutiques ou en cas de prise de contrôle même partielle par des intérêts économiques étrangers ou liés à l’étranger, remettra en cause la souveraineté nationale sur nos politiques de santé ».

Selon M. Ben Bahmed, beaucoup d’autres articles ont été amendés, notamment l’article 188 qui octroyait les services liés à la santé aux pharmaciens d’officine, consacrés dans l’ensemble des pays développés, qui permet de mettre à disposition des populations du matériel et des dispositifs médicaux, tels que les respirateurs, les équipements d’orthopédie, etc.

Estimant qu’avec ce nouveau projet de loi, le pharmacien sera réduit à un « simple épicier », le président du conseil national de l’ordre des pharmaciens a énuméré aux participants les nombreuses propositions du Cnop portant essentiellement sur l’établissement pharmaceutique, la déontologie médicale, la convention du tiers payant, la rémunération des pharmaciens, les marges de distribution au détail applicables aux médicaments, les honoraires pour soins pharmaceutiques spécifiques, les compléments alimentaires, les plantes médicinales, la garde au niveau des officines de pharmacie, et la cellule de veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques.

Par ailleurs, au cours de cette manifestation inaugurée par le wali de Tlemcen, Benyaiche Ali, le président du syndicat des pharmaciens de Tlemcen (Snapo), Bassim Boucli Hacène, a, de son côté, soulevé la question de la rémunération des pharmaciens et les marges actuelles de 20 à 50 % adossés sur des fourchettes de prix qui avec la dévaluation du dinar ne correspondent plus à la réalité des prix du médicament. Il a dans ce cadre proposé de changer les fourchettes de prix en fonction du nombre de produits et du chiffre d’affaires correspondant avec des marges réduites de 17 à 30 %.

A noter que les communications présentées ont porté sur les nouvelles missions du pharmacien en Algérie (Dr Benhamed, Cnop), loi sanitaire et actualité réglementaires (Dr. Benhamed, Cnop), nouvelles approches addictologiques des psychotropes (Pr Boucif, CHU Tlemcen), consommation du médicament en Algérie (Dr Kerrar, Unop Alger), le fardeau économique des hypoglycémies (Dr Gérard Duru, Sfes France), l’expérience du centre national de pharmacovigilance (Pr Nadjat Loumi-Mededjel), accréditation des laboratoires d’analyses médicales (Dr Stambouli Kamila, Sorp Tlemcen), les antibio-résistances (Dr Dali Yahia, Chu Oran), les bio-similaires en Algérie (Dr Mezaouar Yacine, Cpmc Alger), les produits phyto en officine (Dr. Dali Yahia, faculté de pharmacie Tlemcen), hypoglycémie et Ramadhan (Dr Toufik Benkhlifa, Maitre-assistant, Oran), qualité et sécurité alimentaire, et un gage de confiance (Mme Belkhodja Amel, Pharmacienne).

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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