Plaidoyer pour un autre mode de fonctionnement de l’économie

L’ancien ministre des Finances, Benkhalfa Abderrahmane, a plaidé lundi à Tlemcen, pour un changement du mode de fonctionnement de l’économie de l’Algérie, afin de sortir du financement conventionnel et mobiliser les ressources. Animant une journée d’étude sur les principales dispositions de la loi de finances 2019 et leurs impacts sur la gestion des entreprises, à l’hôtel Renaissance de Lalla Setti, l’expert financier a appelé à une synergie et une combinaison entre les élites et les institutions du pays.

« Le pays n’avance que par ses élites. Nous devons donc travailler avec d’autres méthodes et parmi beaucoup de méthodes, les gisements d’affaires par exemple des acteurs du FCE, les gisements d’affaires dans l’agriculture, l’industrie et, notamment, beaucoup dans l’économie des services, comme la commercialisation de la logistique, les réseaux de distribution, les comptoirs d’exportation spécialisés, les universités spécialisées et aussi l’exportation des services. Il y a aussi les partenaires, par exemple un partenaire chinois se met avec des entreprises algériennes publiques ou privées pour aller les construire ailleurs, car on n’exporte pas simplement des dattes et des tomates, on exporte aussi la maîtrise technologique de l’Algérie.

Donc, nous devons changer le mode de fonctionnement de l’économie et nous devrions le changer. On doit le changer parce qu’on a bien investi. Nous ne le changerons pas parce que nous sommes en décroissance, nous le changerons parce que nous avons atteint un niveau de développement important. Les années à venir seront complexes avec une ingénierie complexe, avec un comportement de l’Etat différent, avec un comportement des acteurs différent (…).

En matière de ressources on ne commence pas dans l’année pour avoir l’effet dans l’année», a expliqué M. Benkhalfa à une assistance composée des adhérents du FCE de Tlemcen, banquiers, gestionnaires d’entreprises publiques et privées, responsables des impôts et comptables. Le conférencier a en outre estimé que « 50% de l’économie sont des chiffres, mais une économie c’est du comportement avant d’être des chiffres. Et les chiffres envahissent parfois le comportement. Notre souhait est que le taux d’exploitation devrait être à la hauteur, car après les investissements c’est l’exploitation.

Aujourd’hui, nous sommes dans une phase charnière d’un pays qui construit, qui est équipé, qui est totalement couvert en électricité, gaz, téléphone. Mais le grand risque du pays, ce n’est pas le manque de ressources financières, c’est plutôt le marché du travail, et c’est ça qui nous guette un peu à l’avenir, le marché des compétences».

Avant d’aller à l’architecture budgétaire et rentrer dans les considérations techniques et comptables de la loi de finances 2019 qui «stabilise les subventions, ne rajoute pas d’impôts, qui incite les investisseurs à investir et qui dépasse les 8.500 milliards DA», M. Benkhalfa a fait une lecture globale et transversale de cette loi «classique pour une conjoncture exceptionnelle où la politique publique est entièrement déclinée dans cette loi des plus fortes, des plus lourdes, car elle atteint les 8.550 milliards DA», et abordé les fondamentaux de la loi de finances 2019.

Il a par ailleurs donné un bref aperçu sur les équilibres budgétaires de la loi de finances 2019 et les recettes – dépenses, l’évolution des transferts sociaux (2018 – 2019), le cadrage budgétaire et la projection à MT, les réserves de change, l’évolution des agrégats de la sphère réelle et le contexte économique et financier 2017 – 2018 pour l’élaboration de la loi de finances 2019.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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