Plaidoyer pour une stratégie locale contre le cancer

La journée d’information sur le cancer et le «plan Cancer» organisée hier à Ghazaouet, sous le thème « Epidémiologies des Cancers: quelles stratégies locales pour la lutte et la prévention ? », par l’association «Amel El Hayat» de Ghazaouet en collaboration avec le service d’épidémiologie du CHU de Tlemcen, et le laboratoire de recherche sur le cancer de la faculté de médecine de Tlemcen, a connu une totale réussite tant sur le plan organisationnel que scientifique.

Mettant en lumière la lutte constante individuelle ou en groupe menée contre cette maladie, cette rencontre a permis aux professionnels de la santé et au mouvement associatif de mettre en place une ébauche de stratégie locale de lutte contre le cancer.

Il faut souligner le rôle salutaire joué par cette association (créée en février 2016), qui prend part activement à la réduction du cancer du poumon, sein, côlon-rectum, et col de l’utérus, à Ghazaouet et dans toute la région, comme l’a si bien souligné dans son allocution d’ouverture, Houda Brahmi, présidente de cette association.

« Notre association prend en charge pas moins de 270 malades composés en majorité de femmes et une dizaine d’enfants de moins de 15 ans, qui sont atteints de cette maladie. Elle assure aussi le transport aux malades notamment vers les villes d’Oran, Tlemcen et Sidi Bel Abbes, et les accompagne dans leur parcours hospitalier.

Elle les aide pour l’acquisition des médicaments onéreux et parfois introuvables, et les accompagne pour effectuer des séances de chimiothérapie et de radiothérapie, et pour obtenir leur rendez-vous d’examens médicaux, scanner, radio, IRM, et autres analyses médicales ». Le chef de service d’épidémiologie du CHU de Tlemcen, Pr Kaoual Meguenni, a plaidé dans son intervention pour une stratégie locale de lutte contre le cancer pour combattre cette maladie qui fait des ravages.

« Plus de 30% des décès par cancer sont évitables, car ils sont liés aux cinq principaux facteurs de risque comportementaux, alimentaires et modes de vie et pourraient donc être évités : le surpoids, la faible consommation de fruits et légumes, le manque d’exercice physique, le tabagisme, et la consommation d’alcool. L’approche communautaire en santé peut être définie comme une approche de santé publique au niveau local, impliquant la participation des habitants pour identifier les problèmes auxquels ils sont confrontés et y trouver des solutions, avec l’aide d’animateurs ou de professionnels.

La prévention avec le dépistage et une bonne hygiène de vie peuvent contribuer à réduire les risques de cancer », a expliqué le doyen honoraire de la faculté de médecine de l’Université de Tlemcen, qui a, par ailleurs, défini les objectifs spécifiques qui doivent rendre plus visible la maladie par l’information, contribuer à la lutte contre le cancer par la sensibilisation, prévenir et dépister, aider à la prise en charge des personnes atteintes de cancer, et promouvoir la recherche sur le cancer.

Pour sa part, le chef de service de médecine nucléaire du CHU de Tlemcen, Nécib Berber, est revenu sur le plan Cancer 2015-2019 mis en place sur instruction du président de la République. « Ce plan, le premier depuis l’indépendance du pays, a été établi après un long travail d’experts de toutes disciplines, et publié en octobre 2014, pour couvrir la période 2015-2019.

L’état des lieux a permis de constater que le pays disposait d’atouts non négligeables en termes d’infrastructures, d’équipements, de ressources humaines et même de disponibilités financières. Il introduit une vision stratégique nouvelle, essentiellement centrée sur le malade. Il s’articule sur deux parties, une première qui rappelle les aspects épidémiologiques et situe le cancer dans le contexte global du système de santé. La seconde partie définit huit axes stratégiques de lutte contre le cancer, eux-mêmes déclinés en action et en mesures. L’objectif essentiel du plan est la réduction de la mortalité et de la morbidité par cancer. Le plan cancer propose aussi des mesures thématiques portant sur la veille épidémiologique permanente, la prévention-dépistage, l’accueil, le traitement chirurgical, la radiothérapie et les soins palliatifs », a précisé le coordonnateur du projet du centre de lutte contre le cancer.

De nombreuses recommandations devaient être formulées à la fin de cette journée scientifique très riche.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *