Protesta contre l’incinération des déchets médicaux

La fumée qui émane de l’incinérateur de déchets médicaux d’une clinique située dans un quartier résidentiel de la ville de Maghnia est à l’origine d’un rassemblement de protestation du voisinage et de certaines associations pour dénoncer, selon un membre de l’association des droits de l’homme, les désagréments et les risques de contamination que cette pollution engendre au quotidien à la population et à l’environnement.

«A cause de la fumée qu’elle dégage, cette clinique nous fait vivre le calvaire. Voilà une année, depuis que l’incinérateur de cette clinique reçoit les déchets d’autres institutions, la fumée se fait plus fréquente. Elle nous surprend à tout moment de la journée ou de la nuit. L’odeurs désagréable nous fait craindre le pire.

Non seulement son inhalation indispose mais présente de sérieux risques pour la santé publique», déclare un citoyen. Munis de banderoles sur lesquelles on peut lire «Nous voulons juste respirer de l’air propre» ; «Une clinique c’est pour guérir des maladies et non pour en créer», les protestataires encadrés discrètement par des policiers, ne mâchaient pas leurs mots sur la gestion des déchets par cette clinique et demandent une intervention urgente des services concernés notamment la direction de la santé et de la population et de l’environnement de la wilaya de Tlemcen.

De son côté, le propriétaire de cette unique clinique affirme que toutes les précautions sont prises pour que le traitement des déchets soit conforme à la réglementation. «Tout a été fait pour que soit évitée l’émission de fumée noire, qui présente un risque infectieux ou toxique», dira le propriétaire qui nous montre une photo d’une fumée blanche qui se dégage de la cheminée avant de nous inviter à monter constater de visu l’installation de l’incinérateur, composé de 2 chambres de combustion, un bac de douchette pour la décantation des particules et un bac de filtration qui débouche sur une cheminée d’évacuation de 8m.

«Nous incinérons toujours à 13h, uniquement quand le temps est dégagé pour une meilleure évacuation aérienne», tient à préciser le propriétaire qui soutient que des efforts financiers ont été consentis ces derniers temps pour que soient améliorés davantage le traitement et l’élimination des déchets dont la chambre à eau pour l’élimination des particules, la rallonge de la cheminée de 2 mètres ainsi que l’acquisition d’un banaliseur.

Ce dernier, qui permet de débarrasser des liquides des déchets hospitaliers contaminés en s’évaporant en fin de cycle, ce qui réduit substantiellement les émissions olfactives, a coûté, selon notre interlocuteur, 850 millions mais demeure jusqu’alors non opérationnel car, explique-t-il, «le banaliseur fait malheureusement partie d’un arrivage qui s’est avéré défectueux».

A ce propos notre interlocuteur cite le cas de l’établissement public hospitalier de Maghnia qui a acquis le même banaliseur présentant les mêmes défauts, chose que les responsables de cet établissement ont confirmé mais ceux-là ont précisé que des modifications lui ont été apportées et il est actuellement opérationnel.

Les protestataires semblent déterminés à mener le «combat» jusqu’à ce que cesse ce danger pour la santé publique et l’environnement. «Les services concernés sont-ils aveugles au point de laisser opérationnelle, en plein centre-ville, une telle source hautement néfaste pour la santé publique ? La station d’incinération n’est même pas conforme, elle est archaïque car construite par un soudeur local.

La solution est toute simple: payer les services d’une entreprise d’incinération comme le fait actuellement l’EPH dans l’attente du dépannage de son incinérateur», indique l’un des protestataires.

Pour sa part le propriétaire, pour convaincre de la conformité de son incinérateur, exhibe un certificat de conformité et une fiche technique établis par un vendeur d’équipements d’incinération, un rapport descriptif relatif à une visite sur site d’une commission communale et un compte rendu de la DSP de Tlemcen datant du 22 novembre 2016 par lequel elle lui accordait 30 jours pour réparer les anomalies relevées, chose qui semble avoir été accomplie par le propriétaire.

Cheikh Guetbi (Le Quotidien d’Oran).

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