Recrudescence des AVC : pression sur les services du CHU

 

Les accidents vasculaires cérébraux (AVC) constituent une affection grave du système nerveux central. Ils se traduisent par la survenue brutale (très souvent en moins d’une heure) d’un déficit neurologique focal. C’est donc une urgence médicale absolue à laquelle les services de neurologie et des urgences médico-chirurgicales du CHU de Tlemcen mobilisent tout leur personnel médical et paramédical, ainsi que leur moyen matériel pour l’accueil, la réalisation des mesures d’urgence, le recueil d’informations et la surveillance des patients victimes d’un AVC, comme l’expliquera le chef du service de neurologie, Pr. Bouchenak Khelladi Djaouad.

«L’AVC est une anomalie fonctionnelle ou une pathologie du système nerveux central provoquée par une pathologie des artères et des veines, où le pronostic vital est très souvent en jeu. Et donc tout se joue dès l’apparition de cet accident et surtout l’heure de début des symptômes. Nos médecins procèdent dans le même temps au recueil d’informations auprès de la famille ou de l’entourage pour connaître les circonstances, les antécédents et les traitements en cours. Tous ces renseignements sont consignés dans le dossier de soins.

Notre équipe médicale a également pour rôle d’informer, d’écouter et de rassurer la famille du patient pris en charge. Il est nécessaire d’apprécier l’état neurologique du patient en salle de soins, et s’il est conscient ou inconscient. Il s’agit aussi d’évaluer le patient et de détecter la présence de convulsions, d’hémiplégie de la main, du bras ou du membre inférieur, et de troubles associés, avant de procéder aux examens approfondis, d’assurer la surveillance, le suivi des complications et organiser les soins de suite ».

Selon Pr. Bouchenak, près de 800 patients atteints d’AVC ont été admis au service de neurologie en 2018. «Les AVC ne font qu’augmenter d’année en année, à cause du vieillissement de la population et l’espérance de vie qui augmente, sans compter aussi les autres affections neurologiques, les épilepsies, le Parkinson, la sclérose en plaques, etc. Il faut multiplier la sensibilisation en amont sur les facteurs de risque, l’hypertension, le diabète, le cholestérol, le tabac, la sédentarité, la prise de contraception anarchique, le stress, le manque d’activité physique, etc.

Il y a lieu de souligner également que notre service ne répond plus à la fréquence de ces patients, car il ne dispose que de 18 lits, alors que nous recevons 7 à 8 patients atteints d’AVC par jour. Il y a un vrai problème d’espace, surtout que nous accueillons des patients de partout. En ce moment, nous formons des médecins résidents de Bechar, Oran, Mostaganem et Sidi Bel-Abbès pour les aider à prendre en charge les patients dans leur wilaya».

Pour sa part, le chef de service des UMC du CHU de Tlemcen, Dr. Abi Ayad Aman Allah, a affirmé que son service a reçu en 2018 près de 983 cas d’accidents vasculaires cérébraux ischémiques et hémorragiques.

«L’accident vasculaire cérébral constitue le motif de recours neurologique le plus fréquent aux urgences médico-chirurgicales. Cette maladie touche les sujets âgés, multi-arrêts ou poly-pathologiques. Et une fois l’urgence jugulée, ces patients nécessitent un suivi, en principe par un service de gériatrie qui fait malheureusement défaut dans notre hôpital et partout d’ailleurs.

Notre service d’urgence est en première ligne pour accueillir les patients âgés lors d’une pathologie aiguë. Le fait d’y consulter révèle, dans cette tranche d’âge, un risque important de déclin cognitif ou fonctionnel et de mortalité.

Notre service est dès lors un lieu privilégié pour des interventions visant à améliorer leur devenir. Mais nous ne disposons que de 22 lits, toutes spécialités confondues. Alors que nous recevons un nombre croissant de patients de la wilaya et de Béni-Saf, Naâma, El-Bayadh, Bechar, etc.

Nous attendons avec impatience les nouvelles UMC en cours de réalisation pour améliorer l’admission et la prise en charge de tous ces patients et disposer d’outils d’évaluation et de dépistage permettant la détection rapide et précoce des patients âgés et fragiles, à risque d’évolution défavorable.

Les pathologies chroniques chez les personnes âgées sont principalement les maladies métaboliques, les maladies neuro- et cardio-vasculaires, les cancers, les pathologies neuro-dégénératives et de la mémoire, les maladies ostéo-articulaires et les troubles psychiques. Toutes ont un retentissement sur la santé fonctionnelle, nutritionnelle, psychique et sur la qualité de vie de nos aînés», commentera Dr. Abi Ayad Aman Allah.

Le service des UMC de Tlemcen est, par ailleurs, confronté à la chirurgie abdominale d’urgence (appendicites, péritonites et occlusions), et aux accidents de la voie publique (polytraumatisés, lésions cérébrales, cranio-encéphaliques, fractures du squelette osseux du fémur, colonne vertébrale et membres inférieurs).

A noter qu’en 2018, les UMC ont enregistré près de 80.156 passages, 1.825 actes opératoires, 109.836 actes radiologiques, 142.420 actes biologiques, 4.800 hospitalisations et 1.212 évacuations.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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