Une section locale pour favoriser le don d’organes

Une section locale de l’association nationale de don d’organes Biloba a été créée par une équipe multidisciplinaire composée d’un néphrologue, chirurgien-généraliste, psychologue, urologue, un anesthésiste-réanimateur du centre hospitalo-universitaire (CHU) de Tlemcen, ainsi que d’un imam et un juriste, pour sauver des vies en favorisant le don d’organes.

Il est à rappeler dans ce cadre, que l’association de don d’organes Biloba (créée en 2012) est une association à caractère scientifique et sociétale qui milite pour la promotion et la sensibilisation au don d’organes, de tissus et de cellules. Elle tire son nom du Ginkgo Biloba, un arbre ayant résisté à l’explosion de la bombe nucléaire à Hiroshima. C’est le premier arbre à avoir repoussé dans la zone touchée. Il incarne depuis le symbole de la résistance et de la longévité.

C’est donc un véritable défi pour lequel se sont engagés ces initiants pour sensibiliser le public et jouer un rôle en faveur du don d’organes, car en l’absence d’un plan d’action national en faveur du don d’organes, la pénurie d’organes demeure un problème actuel de santé publique en Algérie.

« Notre section a été créée par décision n°03 du 09 janvier 2018 pour un mandat de 03 ans et ce, suite au procès-verbal de l’assemblée générale de l’association de don d’organes Biloba du 22 avril 2017. Notre section se focalisera sur les activités d’information et de sensibilisation du public, à l’instar de la journée de sensibilisation pour le don d’organe, organisée récemment en collaboration de l’association étudiante DZ union.

Nos activités seront fondées sur un travail de proximité à un niveau local, comme par exemple l’organisation de stands d’information et de journées d’information au niveau du CHU, et des conférences pour le grand public visant un large public (médecins, patients, proches et public) autour de thèmes particuliers de la transplantation.

Ces activités seront relatées par les médias locaux, pour mieux faire connaître la problématique du don d’organes au public, rendre davantage visibles les enjeux sociétaux liés au don et à la pénurie d’organes, et enregistrer des donneurs sur le registre de l’agence nationale de greffes. L’information de la population entend favoriser la diffusion de la carte de donneur et la communication sur le don d’organes parmi les proches.

Nous comptons aussi encourager la participation des patients dans l’organisation du système de santé et travailler avec des associations de transplantés qui sont légitimes à être partie prenante pour la sensibilisation de la population », a expliqué le président de la section, Bellifa Réda.

De son côté, Dr. N. Battahar (service d’anesthésie et de réanimation de l’EHS mère et enfants de Tlemcen), membre de la section de don d’organes de Tlemcen, a souligné que « la mort encéphalique ou mort cérébrale désigne l’arrêt brutal, définitif et irrémédiable de toutes les activités du cerveau. N’étant plus irriguées, les fonctions neuronales sont détruites.

La respiration et les battements du cœur peuvent être maintenus artificiellement par des techniques de réanimation. Les tests cliniques analysent les réflexes du tronc cérébral et la capacité du patient à respirer spontanément ou non. Le médecin devra ainsi rechercher l’absence totale de conscience et d’activité motrice spontanée, l’absence de tous les réflexes du tronc cérébral et l’absence de la respiration spontanée.

Il est obligatoire de passer par une angiographie cérébrale qui consiste à injecter du produit de contraste dans les vaisseaux, pour montrer l’absence de vascularisation du cerveau, témoignant ainsi de l’état de mort encéphalique. Mais, le don d’organes ne peut se faire qu’avec le consentement des proches et c’est le rôle de notre section qui entame un dialogue avec les proches du patient qui décède.

Pour les patients inscrits au registre, le problème ne se pose pas. Nous voulons sauver des vies à partir d’un donneur en état de mort. Actuellement, le service des dialysés du CHU de Tlemcen est saturé et beaucoup de patients souffrent pour ne pas dire meurent. Les organes concernés sont généralement le foie et le rein. Le foie est pris en charge par le centre de santé spécialisé en cancérologie Pierre et Marie-Curie du CHU Mustapha Pacha. Le rein est, quant à lui, pris en charge au niveau des hôpitaux de Batna, Alger et Tlemcen ».

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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