Souahlia : la Waada de Sidi Brahim entre hier et aujourd’hui

SONY DSC
 
SONY DSC
 

 

La célèbre waâda de Sidi Brahim, cette tradition ancestrale qui était de tout temps célébrée à la mémoire du saint patron de la région en l’occurrence Sidi Brahim est, depuis quelques années, dédiée aussi à la victoire de l’Emir Abdelkader lors de la fameuse bataille de Sidi Brahim du 23 septembre 1845.

Autrefois, nous racontait un vieil homme, la waada de Sidi Brahim s’organisait à côté du mausolée, il y avait suffisamment de place .Des centaines de personnes, hommes, femmes et enfants venaient assister à la traditionnelle « wadaa » de Sid Brahim.

Ils venaient de la région de Msirda, Nédroma, Trara, Djeballa , Fellaoucen … ils venaient de partout. Ils dressaient leurs tentes tout autour du mausolée du saint homme et chacun vaquait à son rituel traditionnel. Les femmes prennent d’assaut le tombeau du saint, elles y allument des bougies, y déposent des pièces d’argent, des foulards, implorent la « baraka » de Sidi Brahim. « La plupart de ces femmes emportent un foulard qu’elles mettent autour de la taille ou une poignée de terre dotée d’un pouvoir de guérison et de réconfort, tandis que les hommes traitent des échanges commerciaux et de l’union sacrée (mariage) de leurs enfants », raconte le vieux.

« En passant devant le mausolée j’entendis une fillette implorer Sidi Brahim pour que   son grand frère ne la frappe plus » elle, elle croit toujours au pouvoir de Sidi Brahim !

Aujourd’hui La dimension rituelle des pratiques traditionnelles s’efface lentement. Ces marabouts ne détiennent plus certains pouvoirs comme autrefois. Pourtant il y a quelques années les femmes se bousculaient aux portillons des mausolées pour implorer la baraka. Un autre rituel qui concernait notamment les jeunes filles à l’âge de se marier a disparu de cette rencontre populaire.  Non loin du mausolée de l’autre côté de la route il existe une petite source d’eau où vivait des tortues. Pendant la cérémonie, les jeunes filles, discrètement, se dirigeaient vers l’habitat des tortues et attendent leur apparition. Si celle-ci viennent à leur rencontre, c’est le bon signe : la jeune fille se marie    avant la fin de l’année.  Aujourd’hui l’eau de cette source, avant claire et limpide, est trouble. Les eaux usées y déversent et les tortues ne sont plus belles à voir…

Cette année, avec une version un peu différente loin de ces traditions qui ont tendance à se perdre,  la waada de Sidi Brahim  a drainé aussi  une véritable marée humaine. Certes cette fête populaire revêt toujours un aspect   spirituel, mais le coté historique et touristique a pris le dessus.  Les visiteurs, beaucoup de compatriotes vivant à l’étranger, appareil photos en main pour immortaliser l’évènement   se sont regroupés pour suivre le spectacle de la « FANTASIA ».  Une cinquantaine de cavaliers   ont pris part à cette Fantasia pour en faire un spectacle des plus merveilleux.  Les cavaliers arborant fièrement leur tenue traditionnelle brodée en fil doré   prennent place pour exécuter leur parade. Le chef de groupe lance alors le cri de départ. Les cavaliers réagissent en lançant leurs chevaux au galop en maintenant un   alignement impeccable. Puis les cavaliers se lèvent au coude à coude, en tenant les fusils enjoue. C’est la plus belle phase du spectacle ! Soudain la salve du baroud retentit annonçant ainsi la fin de cette fabuleuse chevauchée. Certains spectateurs invoquent la dernière chevauchée de l’Emir Abdelkader. Tout autour de l’arène, de grandes Kheimas ont été dressées dont l’une a été réservée aux femmes et du couscous généreusement garnie a été offert à profusion à tous les visiteurs. L’aspect commercial n’était pas en reste lors de cette rencontre festive .des commerçant ambulant ont dressé leurs étals de fortune pour proposer aux présents : eau, limonade, café, thé, confiseries locales habits   traditionnelles et autres gadgets.

O. El Bachir

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *