Des spécialistes planchent sur le traitement du diabète

Le service de médecine interne du CHU de Tlemcen organise aujourd’hui au palais de la culture «Abdelkrim Dali» ses troisièmes journées du diabète, en collaboration avec l’association de médecine interne universitaire de la wilaya de Tlemcen (Amiwit).

La thématique de ces journées porte sur les avancées du diagnostic et le traitement du diabète et essentiellement sur les complications vasculaires qui entraînent les accidents vasculaires cérébraux (AVC) et les gangrènes des membres inférieurs, a-t-on appris auprès du docteur A. Bedjaoui.

Parmi les communications proposées lors de ces journées, on peut noter «Metformine 60 ans d’utilisation clinique» du Pr A. Lounici, «Nouveautés en insulinothérapie et hypoglycémie» Pr MEA. Ghembaza, «Hypertension et diabète selon les dernières recommandations de la société américaine de diabétologie-ADA 2017» Pr E. Tabti, «Indications de la chirurgie vasculaire des artères du cou (conférencier: Pr A. Bedjaoui) et des artères des membres inférieurs (conférencier : Pr A. Bouayed), «Indications de la chirurgie vasculaire des artères du cou (conférencier : Pr A. Bedjaoui) et des artères des membres inférieurs» Pr. A. Bouayed, «Actualités thérapeutiques de la néphropathie diabétique» Pr Sari, «Antidiabétiques et impact cardio-vasculaire» Pr A. Bestaoui, et «Antidiabétiques et impact cardio-vasculaire» Pr A. Bestaoui.

Selon Dr Bedjaoui, l’année 2017 marque le 60ème anniversaire de la 1ère utilisation clinique de la Metformine contre le diabète.

«C’est une molécule fondamentale de première ligne dans toutes les recommandations cliniques du traitement du diabète de type 2, car efficace et peu coûteuse. La Metformine et le Gliclazide sont les deux seuls antidiabétiques oraux qui figurent dans la liste des médicaments essentiels de l’OMS.

La grande nouveauté est l’extension de l’indication de la prescription, même en cas d’insuffisance rénale (filtration en dessous de 60 ml/mn) avec adaptation des posologies mais reste toujours contre-indiquée en cas d’insuffisance rénale sévère (filtration en dessous de 30 ml/mn). Mais il faut impérativement vérifier l’absence de facteurs augmentant le risque d’acidose lactique qui est une complication rare mais redoutable, avant d’initier la Metformine.

Le deuxième événement est que la Metformine peut avoir un effet bénéfique dans le diabète de type 1 en réduisant la progression de l’athérosclérose. Bien qu’il manque des preuves robustes, la Metformine a donné des indications prometteuses dans le diabète gestationnel, le syndrome polykystique ovarien, le cancer et le vieillissement. L’insulinothérapie est un traitement indispensable pour tous les diabétiques de type 1 et en partie pour le type 2.

Le risque majeur est l’hypoglycémie qui doit être évitée car associée à la mortalité. Le patient doit connaître les signes annonciateurs d’hypoglycémie et savoir réagir immédiatement. L’hypertension artérielle est un facteur de risque cardiovasculaire majeur, très fréquemment associée au diabète de type 2. L’évaluation et le dépistage doit se faire par la mesure de la pression artérielle à domicile par le patient lui-même avec un appareil électronique validé muni d’un brassard au bras.

Le traitement de l’hypertension est capital comprenant une alimentation riche en fruits et légumes source de potassium et pauvre en sodium, une activité physique régulière et un traitement pharmacologique.

L’atteinte des objectifs tensionnels en automesure (135/85) permet de réduire considérablement les complications touchant les gros vaisseaux (cœur, cerveau et membres inférieurs) et les petits vaisseaux (rein, œil). L’atteinte des artères du cou provoque les accidents vasculaires cérébraux. L’atteinte des artères des membres inférieurs favorise les lésions du pied à l’origine des amputations.

Un bilan vasculaire annuel est nécessaire chez le diabétique pour détecter précocement les plaques d’athérosclérose. Il faut d’abord optimiser le traitement médical et savoir quand il faut confier le patient au chirurgien vasculaire sur la base du degré de sténose des artères et connaître les indications de revascularisation pour éviter les AVC et les amputations.

La néphropathie diabétique doit être détectée par le dosage de la créatinine et l’estimation du débit de filtration et la recherche d’albumine dans les urines. Nous disposons de moyens pharmacologiques néphroprotecteurs évitant l’évolution vers la dialyse. Le choix de l’antidiabétique ne doit pas focaliser uniquement sur la glycémie mais doit tenir compte des effets à long terme et particulièrement la sécurité cardio-vasculaire.

La Metformine a un effet favorable. Le Gliclazide et le Repaglinide ont un effet neutre, alors que les autres sulfonylurées et l’insuline à hautes doses aggravent le risque cardio-vasculaire. Des nouvelles classes de médicaments comme les analogues du GLP-1 et les gliflozines réduisent les événements cardio-vasculaires, mais sont coûteuses ou non disponibles en Algérie.

Concernant les gliptines, il faut du recul, car des cas d’insuffisance cardiaque ont été signalés avec certaines molécules de cette classe», précise-t-on.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *