Sûreté de wilaya : Exposé sur «La faune sauvage en conflits avec l’homme»

Photos : Moulay Ahmed Ougouti

Par Khaled Boumediene

A l’occasion de la signature d’une convention de partenariat entre la Sûreté nationale et la fédération nationale des chasseurs, pour la protection de la biodiversité de la faune sauvage et la lutte contre le braconnage, Mme Benmaamar Hafida, divisionnaire des forêts, a présenté, mercredi dernier, au siège de la Sûreté de la wilaya de Tlemcen, un exposé intitulé : «La faune sauvage en conflits avec l’homme».

La conservatrice du Parc national de Tlemcen, a fait remarquer, lors d’une projection au Data Show, que la protection de la faune et la biodiversité, est l’affaire de tout le monde. Elle a, dans ce cadre, tiré la sonnette d’alarme sur la situation générale des animaux sauvages, qui sont menacés de disparition, tels que le cerf de barbarie, le mouflon à manchettes, le lynx caracal, et la hyène rayée.

Selon l’oratrice, aujourd’hui, le nombre d’espèces menacées à cause de l’homme augmente rapidement dans notre pays, il n’en reste que quelques dizaines de mouflon à l’état sauvage, et à peine une dizaine d’addax et quelques Guépard. La population du cerf de barbarie a été limitée à l’Est du pays. Le lion de l’atlas et la panthère se sont éteints en 1940. L’ours et le loup gris ont disparu au 19éme siècle. Leur extinction entraine des conséquences dramatiques, et la disparition des espèces menace l’avenir de l’homme. Le braconnage et la chasse sont les raisons principales de cet état de choses.

Aujourd’hui, la faune dans notre pays est une ressource en déclin, et de nombreuses espèces autrefois abondantes ont disparu ou sont gravement menacées d’extinction. Les habitats des animaux sauvages ont été fortement réduits, au profit de la culture et de l’élevage, ou par suite de la surexploitation du bois de feu. Des pressions croissantes s’exercent sur le reste du fait de l’accroissement rapide de la population, et de l’état critique de l’économie nationale. Le rétrécissement des habitats est l’une des plus grandes menaces qui pèsent sur la faune sauvage», a indiqué Mme Benmaamar, qui a donné un aperçu des techniques utilisées par les braconniers pour l’abattage, la chasse, la capture et le transport d’animaux sauvages.

La chasse est une activité légale et parfaitement légitime, qui permet de mieux gérer l’environnement. Les chasseurs sont des partenaires clés dans la lutte contre les crimes à l’encontre de la faune sauvage. Les braconniers sont les pires ennemis des chasseurs», a-t-elle ajouté.

Il faut souligner dans ce cadre, que la Convention d’Alger de l’Organisation de l’unité africaine pour la conservation de la nature et des ressources naturelles (1968), précise que les animaux qui doivent faire l’objet de dispositions juridiques sont classés en trois catégories : ceux qui appartiennent à une espèce menacée et doivent être protégés intégralement, ceux qui n’appartiennent pas à une espèce menacée et vulnérable, mais ne peuvent être chassés que dans des circonstances exceptionnelles, et ceux dont le statut est satisfaisant et la chasse autorisée moyennant permis.

Mme Benmaamar a ensuite parlé des multiples lois relatives à la protection de la faune sauvage, tels que le décret n° 82-498 du 25 décembre 1982, portant adhésion de l’Algérie à la convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Signée à Washington le 3 mars 1973), la loi n°2004-07 du 14 août 2004 relative à la chasse, l’ordonnance n°2006-05 du 15 juillet 2006 relative à la protection et à la préservation de certaines espèces animales menacées de disparition, le décret exécutif n°08-412 du 26 du 24 décembre 2008 fixant les mesures de protection pour la sauvegarde des espèces animales protégées et de leurs habitats, le décret exécutif n° 11-197 du 19 du 22 mai 2011 fixant les dispositions relatives à la détention, la mise en vente, la vente ou l’achat, le colportage ou l’exportation des animaux gibier, nés et élevés en captivité (Page 15-5), et le décret exécutif n° 12-235 du 24 mai 2012, fixant la liste des espèces animales non domestiques protégées.

La conservatrice du Parc national de Tlemcen a achevé son exposé par cette phrase lourde de sens : «L’avenir des générations futures, dépend du respect de la biodiversité. Ce qui est détruit l’est pour toujours, mais ce qui est en danger peut encore être sauvé».

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