Trente-six métiers trente-six misères

« Métier d’auteur est métier d’oseur »
Citation de Beaumarchais

Parlons- en ! Un petit chouïa si vous permettez de culture côté « livre ». En Algérie plus particulièrement, pour ne pas s’accrocher sur le ministère de la culture, un créateur d’œuvre littéraire ne peut être qu’un petit lambda dépourvu de moyens financiers mais riche en culture littéraire deux options qui freinent la vague stimulante  du développement de la culture littéraire.

Il est clair que tout livre représente une œuvre quel que soit sa nature ,elle regroupe plusieurs assistants qui permettent de mettre en place un ensembles de maillons formant  un tissus , allant de la production d’idées , vers la production du produit ( livre) , une animation culturelle s’appuyant sur plusieurs supports (critique-tv-radio-publicité…), des diffuseurs, transporteurs qui font partie du réseau de l’œuvre littéraire et en fin le marché culturel représenté par une abondance  de librairies qui donnent le signe contextuel de la bonne santé de la culture à savoir  la connaissance, l’éducation, la formation, le savoir, l’instruction…..

Chaque élément faisant partie de  la chaine de ce processus du livre allant depuis sa naissance jusqu’à sa consommation finale constitue un segment spécifique d’un marché pouvant booster la culture d’un côté et booster la croissance économique de l’autre coté en faisant allusions aux autres éléments constitutifs du livre (papier, encre, photos…).

« Le métier des l’intellectuels est de chercher la vérité au milieu de l’erreur » Citation de Rpomain Rolland.

En Algérie ce créneau( littérature-livre)  est mal exploité sinon  ignoré alors qu’il renferme une croissance durable et civilisationnelle , le marché du livre proprement dit  n’existe pas, la majeure partie des librairies avaient mis leurs clés sous le paillasson, les algériens ne lisent pas, la preuve du seul et unique modeste sondage( reportage ) effectué par une chaine TV au niveau de la chambre APN(Assemblée Populaire Nationale), le nombre de livres lus par les « parle-men-taire » est quasi nulle ; par conséquent, le constat est clair , le livre  ne fait pas partie des habitudes de notre quotidien, il faut bien remplir la panse !car ce pays n’a pas besoin de têtes pensantes .

Nous estimons  quand la technologie était limitée et où les gens avaient des livres et le temps  comme amis qui les suivaient partout, de nos jours, la lecture vient de connaitre une baisse considérable, suivit également avec une baisse démesurée du niveau scolaire.  Certes, beaucoup de changements  ont eu lieu surtout dans le domaine du numérique où une très grande progression s’est faite (tv satellitaire, internet, jeux vidéo, Smartphone,) ce qui n’arrange pas beaucoup les amateurs de la lecture. Malheureusement, l’ami (livre) d’hier a été remplacé par de nouveaux amis (gadgets)!!!

Si l’on se permet d’évaluer au niveau d’un contexte restreint (cité-quartier -ville) le comportement des algériens par rapport à la lecture, nous pourrons avancer sans complexe :

Des algériens lisent de moins en moins. Les lecteurs qui lisent des  livres papiers et des livres numériques sont très rares.

– Une lecture numérique est inexistante. Les librairies chôment c’est pourquoi ils mettent leurs clés sous le paillasson c’est déjà une forme de décadence culturelle.
– Diversification et externalisation des circonstances de lectures. Les algériens ne  lisent à domicile, encore moins dehors dans les transports en commun dans les cafés cela ne font pas parties des us et coutumes des algériens d’aujourd’hui.
– les  brocanteurs de livres d’occasion sont en voie de disparition  et suivent la ligne de la fermeture des librairies.
–  la lecture d’un livre donne plus  de bénéfices, ces derniers sont  reconnus à la lecture. L’approfondissement des connaissances et le plaisir restent les premières motivations. Plus que jamais valeur refuge, la lecture permet également de s’évader, d’oublier le reste ou de mieux comprendre le monde qui les entoure.

Par ailleurs, que ferait ce petit « lambda »Algérien dont le peu de sous qu’il a, ne lui permettent guère  de s’offrir même pas un paquet de cigarette.

Le peu de livres achalandés  dans le peu de librairies existants, ils   sont vendus à des prix qui vous renvoient paitre ailleurs, surtout ne prenez pas la peine d’acheter un livre, ni de le lire car   votre portefeuille ne supporte pas cette  lourde charge face à l’hyperinflation des produits, d’autres articles de première nécessité. Devant l’état des choses actuels, le principe veut que tout producteur est par conséquent le résultat d’ un  métier bien distinct sauf que l’ auteur  d’un livre ne peut être un métier  sinon il crève tous les auteurs ont un autre métier  car un métier d’ auteur n’a pas de statut , donc ni  le droit aux prestations sociales, ni au congé payé ni…..ni….. le métier d’auteur est lourd de sens et de poids, car   il est écrivain, éditeur-commerçant-transporteur-agent de publicité-…. Soit 36 métiers sinon 36miseres ! Une masse insupportable négligée par les pouvoirs publics.  Ne dit-on pas qu’un « métier qui ne donne pas de quoi vivre à celui qui l’exerce ne vaut pas deux fèves ».

« Mon métier est de faire mes livres, et de combattre quand la liberté des miens est menacée » A.Camus.

Les maisons d’éditions établies selon la norme de la règle de l’art n’existent pas chez nous, ailleurs, elles sont liées aux empires de la haute finance qui contrôlent tous les médias et monopolisent le marché pour en faire un produit de sélection politique pour booster la suprématie de l’empire de la haute finance. Elles sont hantées par le profit toujours et tout le temps, c’est le profit qui est mis en jeu  pour s’emparer des  circonstances politiques et économiques, elles représentent un poids très conséquent pour modeler l’opinion public, on les qualifie souvent de  faiseurs d’opinions.

Par ailleurs l’autocensure est encroutée chez la majorité des auteurs même dans les pays ou la liberté d’expression fait partie du contexte. Cette autocensure se manifeste au niveau du marché par le biais du chiffre d’affaire car tout se rapporte aux sous. L’exemple le plus pertinent est celui d’un directeur de journal expliquant l’autocensure , il disait qu’une simple impression dans le journal papier d’une contribution allant dans le contre sens de l’usage de l’action de l’état ou celle du pouvoir c’est automatiquement la fermeture du robinet de la publicité (source de la finance) qui représente plus de 60% du chiffre d’affaire du journal et celui qui ne pratique pas l’autocensure sont condamnés à disparaitre.

Alors ceux qui veulent parler plus forts que  les zélateurs du pouvoir n’aurons plus de place pour exister, ni d’aliments financiers pour s’abreuver dans le quotidien ; l’histoire leurs réservera par contre un coin bien au chaud.

Benallal Mohamed, ancien cadre.

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