Des vagues géantes sur le littoral, les marins-pêcheurs au chômage

L’activité au niveau de la pêcherie de Ghazaouet est pratiquement à l’arrêt, les marins-pêcheurs ne sortent plus régulièrement. Ils sont à terre.

En cause, les mauvaises conditions climatiques qui rendent la sortie en mer très difficile. L’activité économique s’en ressent et les hommes de la mer doivent prendre leur mal en patience. Ces derniers jours, sur le littoral de Ghazaouet, des rafales de vent à 80 et 90 km/h et des vagues d’une mer déchainée de plusieurs mètres de haut, provoquent parfois la fermeture totale du port de pêche.

Des dizaines de tonnes d’eau, des vagues gigantesques se dressent devant les pêcheurs à la ligne, les vendeurs de poisson et les visiteurs, qui se promènent sur le môle d’Alger de ce quai, et heurtent de plein fouet, de jour comme de nuit, la longue digue qui protège le port.

Ces vagues géantes se déversent à même le quai où se trouvent les vendeurs de poissons. Avec les perturbations qui se succèdent et les conditions de mer exécrables, les pêcheurs-marins se retrouvent très souvent à quai, afin de ne pas prendre de risques. Ils s’attellent à la confection de leurs filets de pêche ou encore à l’entretien et la réparation mécanique de leurs bateaux.

Les clients sont pourtant là, arpentant le quai aux poissons pour trouver de quoi garnir leur assiette. Mais le poisson est quasi-absent, et même s’il est étalé, il est très cher. Pour s’enquérir de cette situation qui préoccupe les pêcheurs-marins de Ghazaouet, qui ont décidé de mettre à l’abri leurs embarcations à cause du mauvais temps, nous nous sommes rapprochés, samedi dernier, de quelques-uns d’eux.

«On a jamais vu de telles conditions météorologiques ! Oui je me rappelle, depuis le mois de février 2013, qu’on n’a pas vu une mer aussi dangereuse à la côte. Notre activité est totalement perturbée. Nous craignons surtout que ces vagues de plusieurs mètres de hauteur déferlent sur le quai, éclaboussent la digue ou projettent des galets sur nous.

Beaucoup de pêcheurs ne viennent plus car le temps n’est vraiment pas clément. Ils préfèrent rester chez eux», soulignera Hadj Mohamed, un ancien pêcheur-marin de Ghazaouet. Un autre pêcheur-marin de la ville indiquera que «personne n’ose risquer sa vie et prendre le large dans ces conditions, car nous gardons toujours en tête la disparition tragique en mer de beaucoup de nos collègues qui ont été emportés par la mer ; au moins quatre bateaux de plaisance ont coulé ces dernières années.

Mais, on n’a pas autre chose à faire ici à Ghazaouet à part la pêche. La réalité de la vie et du travail des pêcheurs est très complexe. C’est un métier à risques, il est évidemment nécessaire de connaître les caractéristiques de cette réalité et les problèmes qui en découlent. Le marin pêcheur est confronté à l’éloignement de son foyer et l’isolement à bord. Certes, la grande diffusion des téléphones portables facilite les choses, mais, il y a aussi l’insécurité physique et il arrive que des bateaux se cassent en deux parce que les planches de leur fond ont perdu leur épaisseur originale ou que des épontilles tombent, en provoquant des accidents, parce que leur base est rongée, c’est quand même très dangereux».

Chez certains armateurs de la région de Ghazaouet, la perte de chiffre d’affaires est très notable. Ils subissent de plein fouet le manque d’activité de pêche. «Le manque à gagner est très important pour nous et même pour nos marins-pêcheurs, qui chôment depuis pratiquement un mois, d’autant que nous avons beaucoup de charges à payer. Dans ce cas de figure, nous n’avons aucune aide qui remplacera ce déficit. On ne sait vraiment quoi faire», nous dira un armateur de Ghazaouet.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

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