Une autre vie pour le chêne-liège

Le département de ressources forestières de la faculté de SNV-STU de l’université de Tlemcen mène depuis plus de 25 ans, date de création de la filière «Foresterie» (en 1988-89), des recherches sur le chêne-liège et le liège.

Selon le bulletin d’information et de sensibilisation «Message vert» du parc national de Tlemcen, une équipe permanente d’enseignants chercheurs de ce département a entrepris de nombreux travaux de recherche sur le chêne-liège et le liège dans tous leurs aspects et ce, dans le cadre des thèses, mémoires et articles scientifiques réalisés par des étudiants.

Outre les nombreuses manifestations organisées sur le liège, cette équipe a initié l’évènement périodique intitulé «Rencontres méditerranéennes» regroupant des chercheurs-gestionnaires-industriels sur la «Gestion des subéraies et la qualité du liège», appelé en abrégé «Med-Suber».

La première rencontre a eu lieu en octobre 2009 à l’université de Tlemcen, la seconde en octobre 2011 à l’université de Jijel et la troisième rencontre s’est déroulée en mai 2015 à l’université de Tizi-Ouzou.

Dans ce bulletin n°14, paru en septembre 2017, M. Bouhraoua Rachid Tarik, Mme Belhoucine Ghezouli Latifa, M. Berrichi Mohamed, M. Dehane Belkhir et Mme Medjahdi Letreuch Belarouci Assia, du parc national de Tlemcen, ont dressé une longue analyse sur ce produit agricole, présent dans l’écorce de quelques arbres, et notamment celle du chêne-liège, qui protège l’arbre des insectes, du froid et des intempéries tout en lui permettant de respirer, par de minces canaux appelés lenticelles (les trous du liège et de certains fruits), et qui sur le plan social contribue en terme de création d’emplois dans les unités de transformation du liège et génère des revenus à la population rurale tout en permettant d’améliorer leurs conditions de vie par la création d’emplois saisonniers dans les travaux sylvicoles, d’exploitation du liège d’élevage, d’apiculture, d’agriculture, etc.

Sur le plan économique, le chêne-liège est un arbre qui doit sa noblesse et sa valeur économique à son écorce qui se régénère une fois extraite selon les techniques particulières de récolte. Durant la vie de l’arbre, à partir de la 40e année, 7 à 12 récoltes de liège de reproduction peuvent se succéder en produisant jusqu’à 1800 kg de liège. Le liège est un matériau léger, élastique, isolant, imputrescible, utilisé depuis la haute antiquité pour les usages divers, mais l’utilisation la plus noble avec le liège reste la fabrication de bouchons. Les déchets de fabrication sont broyés en granulés permettant de fabriquer avec du liège des agglomérés pour le bâtiment comme isolant thermique et acoustique, murs en double paroi, pour les travaux d’étanchéité et pour l’industrie de chaussures», expliquent-ils.

Et d’ajouter : «Initialement, les subéraies algériennes couvrent une superficie de l’ordre de 460.000 ha selon les premières statistiques de 1889 de Lamey. Elles s’étendent sur le territoire de 23 wilayas dont la wilaya de Tlemcen. Ces forêts, climatique, pédologique, sylvicole, topographique et écologique. Mais, les plus vastes massifs sont localisés à l’est du pays, une région qui détient à elle seule plus de 4/5 de la subéraie algérienne. Cette couverture forestière a connu au fil du temps une constante régression, qui est une logique de l’influence de plusieurs causes adverses d’ordre historique, politique, technique, sylvicole et même naturel. Le premier inventaire forestier national de 1983-84 a signalé une superficie productrice de chêne-liège de 230.000 ha, ce qui représente la moitié de la surface originelle. Elle est dominée par la vieille futaie, 60%, soit près de 140.000 ha mais aussi la jeune futaie, 37%, et autres stades de la forêt.

Le reste de la superficie s’est transformé donc en maquis improductif à chêne de liège. Le second inventaire forestier de 2008 donne d’après l’interprétation des images satellitaires un patrimoine subéricole d’une superficie de 357.000 ha. Devant cette situation, la production algérienne en liège a connu des fluctuations quantitatives parfois notables».

La récolte de la dernière décennie s’est soldée (de 2003 à 2013) par un volume moyen de 7.000 tonnes. Le maintien durable de l’équilibre de ces trois enjeux fondamentaux maintenant et dans l’avenir passe, selon eux, par une unique voie : la bonne gestion forestière des subéraies, qui est en réalité réclamée par beaucoup d’institutions et organismes.

Khaled Boumediene (Le Quotidien d’Oran).

 

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